En République Démocratique du Congo, dans le parc national des Virunga, les visiteurs se font rares depuis la fermeture. Depuis l’arrivée du Covid-19, les animaux sont doublement surveillés, notamment les gorilles. En effet, les écologistes mettent en garde sur les probabilités que les primates soient aussi vulnérables face à ce virus. Les gorilles de montagnes, déjà en voie de disparition en Afrique, sont donc confinés et en sécurité dans le parc national des Virunga. Le site est fermé jusqu’au 1er juin.

En République Démocratique du Congo, le parc national des Virunga abrite une réserve naturelle de gorilles. Créé en 1925, le parc est le plus ancien parc national d’Afrique, couvrant près de 20 700 km². C’est dans ce vaste terrain que les gorilles de montagnes ont élu domicile.

Ce dernier a fermé ses portes aux visiteurs depuis les prises des mesures préventives pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 et aussi pour préserver les primates. Le parc naturel est fermé jusqu’au 1er juin.

En attendant, des soignants risquent leur vie pour protéger ces primates dans les montagnes. ” Beaucoup de maladies humaines sont transmissibles aux grands singes “, rappelle Jean-Christophe Gérard, vétérinaire au parc zoologique de Saint-Martin-La-Plaine, dans la Loire. En ajoutant que ” il n’est pas impossible que le coronavirus en fasse partie. ” Dans le journal britannique The Daily Mail, le Fonds mondial pour la Nature, le WWF affirme également que “un simple rhume peut les tuer”.

Les gorilles de montagnes partagent 98% de leur ADN avec l’Homme et peuvent donc attraper les maladies respiratoires. “Nous sommes préoccupés par cette épidémie”, a déclaré le Dr Eddy Kambale, vétérinaire en chef de Gorilla Doctors à Goma, une organisation vétérinaire à but non lucratif qui protège et prend soin des gorilles en RDC, au Rwanda et en Ouganda. “S’il les atteint, il serait presque impossible de le contenir – surtout qu’ils ne sont pas habitués à la présence humaine.”

Le Dr Kambale, qui effectue des opérations et des autopsies sur les gorilles, fait également partie d’une équipe de 14 vétérinaires à travers l’Afrique qui surveille le développement de la maladie. “Chaque jour, nous partageons des mises à jour sur ce qui se passe”, a-t-il déclaré.

Des règles difficilement applicables.

Certains diront qu’il suffit de respecter les distances de sécurité. En réalité, “les observations ont montré que la distance des sept mètres était enfreinte à 98% du temps” selon l’écologiste ougandaise Gladys Kalema-Zikusoka au The Daily Mail. Cette mesure est impossible à tenir du fait qu’on ne peut empêcher les primates de se déplacer librement pendant les visites.

Une espèce sauvée mais à préserver.

Au Congo, les gorilles ont été sauvés de la disparition. En effet, on estime que leur nombre est passé de 250 dans les années 1980 à près d’un millier aujourd’hui. Ils ont été sauvés du braconnage et de la déforestation grâce aux diverses actions soutenues par les rangers du Parc National des Virunga. En protégeant cet animal, 140 rangers ont été tués par des trafiquants en 20 ans.

Si la décision de fermer les réserves naturelles a été applaudie par les écologistes, le porte-parole de l’Autorité ougandaise de protection de la faune, Bashir Hangi, pointe du doigt que “mettre fin au tourisme lié aux gorilles reste une mesure théorique”, en précisant que “il n’y a presque plus d’activité dans le contexte de l’épidémie”. La fermeture pourrait donc menacer la pérennité des réserves naturelles, d’un point de vue financier. ” J’appelle tous les donateurs et les gouvernements qui soutiennent ces parcs nationaux en Afrique à faire en sorte qu’ils puissent survivre “, implore Paula Kahumbu, directrice du groupe de protection de la nature WildlifeDirect, dans le Daily Mail.

Un autre aspect pourrait mettre en péril ces réserves : la sécurité. Ces fermetures pourraient attirer les braconniers. D’après l’Agence France Presse, en mai 2018, le parc a dû fermer ses portes après la mort d’un ranger et l’enlèvement de trois membres du personnel.

Source :  Easyvoyage Actu et écrit par Octavie Pareeag.