Ce premier avril a vu la belle cité endormie sortir le temps de quelques instants de ce coma institutionnalisé par la nécessité du confinement. La ville était investie ce jour là par la gendarmerie. Cette mobilisation était motivée par une rumeur de projet de manifestation alors que les manifestations sont interdites. Quelques habitués du marché étaient présents. Ils répondaient à l’appel à un rendez vous avec la presse locale à fin de réclamer publiquement la réouverture du marché des mercredi et samedi. Ce projet a rejoint dans les faits une autre initiative en la forme d’une pétition exprimant la même demande, laquelle pétition était clôturée le samedi 27 mars. Cette demande est dans l’air avec un courrier dans ce sens adressé à toutes les mairies du Département par la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles). La fermeture des marchés est le fait d’une décision ministérielle, avec la possibilité de dérogation à la demande des maires. C’est ainsi que les marchés d’Aurignac et d’Arbas ont été ré-ouverts.

Les supermarchés sont-ils moins dangereux que les marchés ?

Un point presse a permis à quelques personnes de développer leur argumentaire dans le respect des distances requises: « Est-ce qu’il y a plus de sécurité pour la clientèle des supermarchés que dans le contexte des marchés de plein air ? Est-ce que la loi du nombre de personnes manipulant les cadis, les denrées dans les étals, les tapis de caisse, les paniers, les emballages, constituant autant de points de contacts et de diffusions ne serait pas le problème ? » « Il peut se comprendre que des municipalités aient décidé de fermer leurs marchés de plein air dans ce climat de sidération général. L’épreuve du temps fait évoluer les pensées avec cette invitation courtoise à reconsidérer cette question sensible, sachant qu’en la matière il n’y a pas de solution parfaite. » « La question de la survie de nos petits producteurs est une question sérieuse. Maintenir le tissu économique local est essentielle. La proposition d’aller se fournir chez les producteurs directement est compliquée ; aller à Couledous chercher du fromage, à Labastide du Salat acheter les légumes, à Sengouagnet le pain bio, est pour le moins décourageant » « Pour beaucoup de petits producteurs, les marchés représentent la moitié de leur revenu », etc. Est-ce que la municipalité d’Aspet dans sa vocation de convergence des petits producteurs du Comminges donnera suite à ces démarches multiples et consentira à demander à la Préfecture une dérogation ? Une vingtaine de marchés en Haute-Garonne ont déjà obtenu une dérogation.