« Est-ce que je suis un connard ? » Pris par le film, le spectateur captivé, celui qui ne peut partager pareilles convictions, a aussitôt envie de crier oui à la dernière réplique du film. Quoique l’ontologie de Bastien prête à penser que l’intéressé a pris du recul sur ses pensées nauséabondes.

Le dernier film réalisé par Mathias Théry et Etienne Chaillou, « La Cravate », est un chef d’œuvre à ne manquer sous aucun prétexte même si, sorti fin janvier,  il n’est plus à l’affiche dans beaucoup de salles (quand bien même l’a-t-il été) : A l’heure de la campagne des dernières élections présidentielles, Bastien, suivi par les caméras, militait à 20 ans pour le parti d’extrême-droite, vouant à Marine Le Pen une admiration idéalisée sans limites. Le film, relaté avec beaucoup d’humanité alliant de la retenue et une juste profondeur d’analyse, décrit le parcours politique engagé d’un jeune homme plein d’envies, de certitudes, de choix faits de rêves puis de désillusions.

Narré, le récit plonge le spectateur dans la campagne présidentielle, dans les rouages d’un parti et dans la réflexion de Bastien qui, le long de son cheminement, puis dans sa propre analyse, finit après coup par relativiser, se lâcher, confier son intimité, un passé inacceptable, et exprimer ses doutes. « Un connard ? » Peut-être plus….