Très ému par un texte finement rédigé par un sapeur pompier professionnel de la Haute Garonne , j’ai voulu vous le faire partager. Une pincée de témoignage de vie, un soupçon d’humour parfois sarcastique, une lichette de réflexion humaniste, une forte dose d’esprit poétique, tous les ingrédients sont présents pour en faire un menu de choix pour les fêtes. L’occasion de consacrer ce mot partage avec ces hommes et ces femmes qui ont l’engagement dans l’âme et qui souffrent parfois d’un manque de reconnaissance pourtant si mérité… “je te dis bravo pour ton courage, pour ton sang froid, pour ton dévouement, pour ce que tu es tout simplement !”

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À pareille époque, l’heure est venue d’honorer notre Sainte Patronne.

Un SDIS (service départemental d’incendie et de secours) est bicéphale, avec d’un côté un représentant de l’état, le préfet, et de l’autre un élu, président du conseil d’administration. À cela, on ajoute une troisième personne Sainte, celle-ci…

Comme le veut la saison, les médailles et autres décorations tombent aussi vite que les feuilles d’un arbre. Parfois même, on ne sait même plus pourquoi elles tombent… Au milieu de ce coussin brillant, se glissent quelques lettres, comme celle du père noël, parfois difficile à croire.

Le pompier nait dans une maternité appelée : Formation Initiale (FI). Elles sont diverses et variées selon les statuts, les départements et ceux qui les composent.

Le pompier vit, ou survit de son activité, voir même de son emploi, de nos jours. À certains moments, on le décore comme un sapin, pour qu’il reste le plus grand, le plus majestueux au milieu de cette forêt, d’épines et toutes espèces, pas toujours vertes, ni roses, cela dit…

Mais comme la nature est bien faite, un jour il meurt ! C’est encore une fois, cette odeur du sapin qui ressurgit, mais cette fois l’ambiance n’est plus la même. On s’interroge (enfin), sur cet arbre qui a plié. On s’intéresse à son parcours, le discours officiel oblige ! On se tourne vers sa famille, ignorée lors d’une mutation. On s’incline sur son repos silencieux entre 4 planches, alors qu’avant, on ne pouvait comprendre qu’il soit parfois fatigué. Enfin, on le site, on ne l’appelle plus agent ou par son matricule, mais par son nom! Il devient enfin quelqu’un, il devient, malgré sa mort, un être vivant ! Viennent ensuite les protocoles, les honneurs, une médaille, un grade, le tout à titre posthume pour mieux en profiter et le savourer en famille.

Il est donc né, il a vécu, et il est mort. Mais entre temps, il était quoi ce personnage ? Ce soldat du feu naissant jusqu’aux cendres. Il a combattu contre l’ennemi : le feu, mais pas que, malheureusement, dirait la caméra piéton, 30 secondes avant son départ. Il a parfois été blessé, physiquement, moralement, mentalement, humainement tout simplement. Malgré quelques recherches sur l’homosapeur au cortex brillant, aucune trace de cette époque dans les livres, dans les discours de Sainte-Barbe. En cause, le secret médical certainement, ou le manque de statistiques peut-être. Combien sont restés chez eux, sans nouvelle, sans visite, sans appel ? Combien ont reçu un petit dévidoir de mots, pour un bon rétablissement ? La légende dit, que dans certains services de santé, quand le combattant revient pour sa visite de reprise, on ne lui demande même pas si ça va…

On lui dit bonjour, c’est toujours mieux qu’un adieu.

Alors, toi ! qui a goûté à la chaleur des flammes sur ton visage lors d’un feu d’appartement, toi qui a plongé tétanisé par le froid pour cette petite, toi qui a pris une division dans la tête pendant que tu buvais, toi qui a chuté quand le plancher s’est ouvert comme un livre sous tes pieds, toi que le tuyau a balayé comme une feuille, toi qui a subi cette agression gratuite, toi qui est toujours là, mais que l’on oublie, je te dis bravo pour ton courage, pour ton sang froid, pour ton dévouement, pour ce que tu es tout simplement !

Que l’on soit Sainte ou qu’ils nous barbent, on reste “sa peur” au ventre ou dans un coin de tête et on fait toujours face ! Pompier, bon œil.

“…Il y a des vrais gens qui font de la peine, des gens qui s’aiment et qui s’assemblent, des gens différents qui nous ressemblent. Il y a des gens qui saoulent et des gens soulageant. Des gens affligeants et des remarquables, des gens qui vont et d’autres qui restent. Des sergents et des gens simples…(extrait de Christophe Maé)”

Au nom de toute l’équipe de Petite République et je pense de ses milliers de lecteurs, je ne vous dirai qu’un seul mot : Respect.