L’hôpital de Saint-Gaudens en grève – les conditions de travail se dégradent.

Selon le personnel hospitalier, de l’aide soignant jusqu’au médecin chef de service, les politiques publiques successives en matière de santé conduisent les hôpitaux vers une fin programmée.

La diminution des crédits, la fermeture des lits, le manque d’effectifs conduit à une dégradation significative des conditions de travail du personnel, mais met également les patients en danger.

Au service des urgences, le personnel soignant assure des permanences de 12h. Les médecins assurent des vacations de 24h. Ils accueillent le public dans le service et fournissent en même temps le personnel d’intervention des équipes SMUR pour armer 2 véhicules.

L’effectif médical pour assurer cette charge se compose de médecins/d’infirmiers/d’aides-soignants/d’ambulanciers selon la répartition 3/3/2/2 de jours, et 3/2/2/2 la nuit.

Chaque véhicule en intervention est armé par 1/1/0/1. Sauf la nuit : le deuxième véhicule est armé par 1/0/0/1. Si les deux véhicules sortent en même temps, l’accueil du public aux urgences de l’hôpital est assuré selon la répartition de 1/1/2/0.

Pour améliorer le service il faudrait créer un poste permanent d’infirmier d’accueil et d’orientation (IAO). Par ailleurs les médecins soulignent la difficulté à trouver des lits et des médecins spécialistes, en particulier en gériatrie, afin de désengorger les urgences. Il faut stopper la suppression de lits et envisager d’en créer de nouveaux. Ils soulignent qu’à effectifs constants ils subissent une augmentation constante de leur activité de l’ordre de 2 à 5% par an. Leur problème est avant tout humain, et le service est en grève sur ses postes de travail depuis le 14 juillet.

Pour les autres services de l’hôpital, les problématiques diffèrent un peu.

Selon le médecin du travail Pascal FEGEL, le service public de l’hôpital n’est plus attractif pour les médecins comme pour les soignants. L’infrastructure est vétuste et inadapté aux matériels modernes : un lit ne passe pas la porte de la chambre, ce qui nécessite des manipulations pour déplacer les patients dans l’hôpital. Plus d’une année est nécessaire pour obtenir du matériel nouveau. Enfin certains services n’ont plus de médecin. Cette désaffection se traduit par de nombreux recrutements à l’étranger, en médecins comme en personnels soignants.

Selon un syndicaliste, les conditions de travail se dégradent rapidement. Les horaires de jour et de nuit, les repos entre deux services, le travail le dimanche et jours fériés, l’intensité du travail, sont tous supérieurs à la moyenne nationale. Les agressions verbales et physiques augmentent également et placent le personnel hospitalier largement au-dessus de la moyenne nationale. Enfin, on constante une augmentation importante des troubles musculo-squelettiques qui placent l’hôpital devant le BTP.

Pour finir, ce syndicaliste souligne que le personnel des hôpitaux a de plus en plus de mal à évacuer les difficultés professionnelles lorsqu’il rejoint son domicile. Cela se traduit par un accroissement des troubles psycho-socio.

L’amélioration du service passe avant l’augmentation des salaires qui pourtant situent la France en fin de classement des pays de l’OCDE. Les Français sont très attachés à leur hôpital. C’est un des piliers de la république et l’unique lieu de solidarité qui profite encore à chacun en palliant les carences de la médecine libérale et la désertification médicale des territoires.