Vendredi matin, Joel AVIRAGNET tenait une conférence de presse à Saint-Gaudens afin de communiquer sur le budget de la sécurité sociale qui ne laisse rien apparaître pour améliorer la situation des Hôpitaux publics dans leur fonctionnement.

Présentation du problème.

L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) qui est destiné à maîtriser les dépenses de l’assurance maladie en matière de soins de ville, d’hospitalisation et de médico-social, plafonne le budget alloué aux hôpitaux pour 2020 à +2,4% par rapport à 2019. Cette augmentation ne prend réellement en compte que les coûts de l’inflation et de la croissance. Cette décision empêche toute amélioration du fonctionnement des hôpitaux publics.

Selon le député de la 8ème circonscription de la Haute-Garonne, l’augmentation des coûts de santé, l’allongement de la durée de vie des Français, et la nécessité d’accroître les effectifs des personnels soignants ainsi que les dotations en matériels, nécessiteraient une augmentation réelle du budget à hauteur de +4,4%.

Analyse.

Ces quinze dernières années, les politiques publiques de santé recherchent systématiquement des gains de productivité qui conduisent aujourd’hui à un dysfonctionnement de notre système de santé (Déserts médicaux, engorgement des urgences, manque de matériels, manque d’effectifs…).

Jusqu’en 2016, l’activité des hôpitaux publics connaissait une augmentation d’activité de +2,4% par an. Or on constate une baisse d’activité de -0,9% en 2017, et de -0,5% en 2018. Parallèlement, l’activité des cliniques privées est en augmentation constante. Or certaines pathologies lourdes et systématiquement déficitaires ne sont traitées que par les hôpitaux. Si à côté, les pathologies “rentables” ne sont pas maintenues pour garantir un équilibre financier, l’hôpital est appelé à disparaitre. Il y a bien un problème d’investissement dans les hôpitaux publics qui génère une désaffection des patients.

Solutions envisageables.

Il faut donc prendre des mesures qui auront un impact immédiat sur la santé des Citoyens.

Toutes les exonérations de cotisations accordées par le gouvernement doivent être systématiquement compensées par l’état avec une dotation budgétaire supplémentaire équivalente. Ce n’est pas le cas actuellement, ce qui génère de fait un déficit pour les hôpitaux d’environ 5 milliards d’euro par an.

Le plan de remboursement de la dette des Hôpitaux prévoit un équilibre vers 2022. Cette date correspond à un choix politique. Si cette date d’équilibre est reculée à l’horizon 2025, il est possible de dégager un budget de 5 milliards d’euro par an qui peut être réinjecté dans l’hôpital public.

Sortir des critères financiers d’évaluation et créer de nouveaux critères d’action de politique publique de santé. Il s’agit de prendre en compte la géographie humaine et la géographie physique (distances à parcourir et temps de parcours) de la France. De même il faut prendre en compte la fragilité de la population par secteurs géographiques.

L’idée générale est de dégager des crédits budgétaires supplémentaires en reculant la date buttoir de remboursement de la dette et en injectant ces crédits dans le fonctionnement des hôpitaux et de l’aide aux personnes en perte d’autonomie.

Enfin le député renvoi au plan d’urgence pour les hôpitaux et l’autonomie élaboré par le groupe socialiste et apparentés des deux chambres du parlement.