Ces derniers temps, la ville de Cazères sur Garonne brille de mille feux dans l’insolence enviée de sa réussite. Tout réussit au maire de la commune avec la réalisation de la maison de Garonne, le lycée qui prend forme finale et qui va dynamiser l’économie locale et enfin pour couronner le tout une dernière annonce qui fait de Cazères une ville étape du Tour de France avec tout que cela comporte comme fantastiques retombées les plus diverses et les plus remarquables.

Mais voilà depuis trois jours une rumeur persistante circule et s’amplifie avec toutes les contres vérités que cela peut engendrer avec des « fake news » parfois très acides. En raison de la période particulière de début de campagne électorale pour les municipales certains se posant même la question si on ne voulait pas nuire au maire sortant ? Petite République a donc enquêté pour démêler le vrai du faux et tenter d’y voir plus clair.

Le vendredi 25 octobre, à la suite d’une simple convocation en bonne et due forme, Valérie Rieu, directrice générale des services de la mairie de Cazères, gérante de la SCI « Lou Temps » et compagne du maire Michel Oliva se rend de son plein gré à la gendarmerie de Cazères sur Garonne. Elle y est convoquée par un service spécialisé de la section de recherches de Toulouse. Dès son arrivée, comme le veut le Loi, elle est placée en garde à vue pour y être entendue. Au cours de cette garde à vue et semble-t-il en présence de madame le Juge d’instruction de Saint Gaudens, il est procédé à une perquisition dans le bureau de l’urbanisme de la mairie de Cazères. Des saisies auraient eu lieu. Rien n’a filtré sur l’audition de madame Rieu ni sur le résultat de la perquisition. Valérie Rieu a été remise en liberté à l’issue de sa garde à vue dans le courant de la matinée du 26 octobre 2019.

Rappel des faits

Il y a de cela plusieurs années une affaire avait profondément choqué les cazériens. Elle avait fait le buzz dans cette bourgade tranquille de Cazères sur Garonne. Une époque tendue où la presse s’était fait écho du fait que Monsieur le Maire Michel Oliva et sa compagne Valérie Rieu à la fois directrice générale des service de la commune et gérante de la SCI « Lou Temps » avait acheté à des prix défiant vraiment toute concurrence 7 appartements au domaine de Saint Jean. Ces bonnes affaires ayant pu apparaitre comme suspectes, une enquête judiciaire avait été ouverte et diligentée selon nos renseignements par les services de police judiciaire de Toulouse. A l’issue de celle-ci, le Procureur de la République avait prononcé «  un classement sans suite » ayant pour conséquence de clore le dossier mettant fin ainsi à la partie pénale du dossier.

Au vu de ce classement sans suite, monsieur Michel Oliva, se considérant comme innocent et ayant souffert de cette situation, décidait de poursuivre en diffamation monsieur Jean Luc Rivière étant considéré à l’origine de la saisine de cette affaire. Mal lui en a pris car la Justice a considéré que monsieur Rivière ne s’était pas rendu coupable de diffamation et l’a blanchi de cette accusation considérant que ce conseiller municipal était simplement dans son rôle d’opposant et qu’il n’y avait là aucune animosité personnelle. (sic)

La saisine de l’affaire en cours

Dans les attendus du jugement de diffamation, monsieur Rivière notait un passage qui allait semble-t-il le motiver pour aller plus loin dans la poursuite de cette affaire: «  Attendu qu’il apparaît ainsi que monsieur Rivière établit la vérité des propos selon lequel la « SCI du maire » avait fait une très bonne opération immobilière »

Fort de ce passage qu’il a pu percevoir comme un encouragement, monsieur Jean Luc Rivière décide de déposer plainte contre Michel Oliva par le biais d’ une constitution de partie civile (*), au mois d’aout 2016, auprès du doyen des juges d’instruction de Toulouse, le tribunal de Saint Gaudens étant à l’époque…fermé. Un moyen de faire ré-ouvrir le dossier classé sans suite par le Procureur de la République. Ce dossier sera d’ailleurs rapatrié à Saint Gaudens après la ré-ouverture de celui-ci pour y être traité. De 2016 à 2018 on perd la trace publique de ce dossier et on ne sait si des investigations ont été menées ou si il attendait dans un placard les charges des magistrats instructeurs étant considérables faut-il le rappeler.

C’est en 2018 que la section de recherches de Toulouse semble avoir été saisie pour le traiter et qui a amené la mise en garde à vue de madame Valérie Rieu et la perquisition faite à la mairie de Cazères. Un calendrier et des opérations menées sous la seule responsabilité de la Justice et qui dédouane de facto totalement Jean Luc Rivière d’avoir voulu intervenir à quelques mois des municipales. Les enquêteurs sous commission rogatoire du juge d’instruction ont-ils trouvé d’autres éléments à charge ou à décharge par rapport à la première enquête classée sans suite ? Nul ne peut le dire pour l’instant, les investigations étant en cours. Il est toutefois dans le domaine du possible que, malgré la période particulière d’un tout début de campagne électorale pour les municipales, monsieur Michel Oliva soit convoqué à son tour par le service enquêteur. Une affaire à suivre donc avec la plus grande prudence dans l’attente des conclusions avec soit une ordonnance de non lieu soit avec le renvoi devant une chambre correctionnelle. Rappelons que ce dossier a déja été classé sans suite une première fois par un Procureur de la République.

(*) La plainte avec constitution de partie civile permet à la victime d’une infraction de demander la sanction de l’auteur et la réparation de son préjudice. Le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement la saisine d’un juge d’instruction et l’ouverture d’une enquête.