Le 26 septembre 2019 étaient convoquées au tribunal de Saint-Gaudens quatre personnes ayant été interpellées par la police pour entrave à la circulation lors de la marche pour le climat du 16 mars 2019. Ce fut l’occasion de rassembler devant le Tribunal nombre de militants d’organisations politiques ou syndicales, mais aussi les Désobéissants du Comminges (activistes non-violents), membres pour la plupart des organisations citées. Les désobéissants ont exécuté théâtralement devant la porte du tribunal, sous l’œil des forces de l’ordre,  une parodie de jugement des acteurs du système capitalistique responsable selon eux massivement du désordre social, économique et écologique.  Les protagonistes du pseudo procès étaient caricaturés avec ce talent que fait surgir l’indignation et la colère sociale mais aussi l’humour révélant le comique de situations dramatiques. Les figurants reliés par des chaines symboliques voulaient signifier une collusion entre l’état, la justice et le système capitaliste, ce dernier responsable de la malbouffe comme de la pollution et de la misère sanitaire populaire grandissante. « Quand la matraque ne suffit pas à disperser les foules, le marteau du juge prend le relais » dénonçait la motivation de ce procès. L’interaction vive du public avec la sincérité de l’énergie des théâtreux révèle une inquiétude qui se situe bien au-delà du choix entre la fin du mois et la fin du Monde. Le propos de la manifestation pacifique ce jour là voulait dénoncer le fait que la répression brutale du gouvernement tient dorénavant lieu de politique. Les Désobéissants ont rappelé que  de novembre à avril, ce furent 8645 gardes à vue dans l’Hexagone, 1665 comparutions immédiates, 388 mandats de dépôt, 3300 arrestations, 1052 blessés, un coma, un décès. Ce fut aussi durant ces derniers mois la mise en garde à vue d’observateurs de la Ligue des Droits de l’homme. Dans les échanges durant la manifestation qui s’est terminée par un parcours dans le marché, on pouvait entendre nettement l’inquiétude provoquée par la judiciarisation du principe du droit à manifester et par voie de conséquence la mise en danger des libertés liées au principe de Démocratie.

Le procès fut reporté à janvier  2020 par l’absence de juges pour ce type d’affaire. Une matinée où le mécontentement et la dérision ont fait bon ménage.