La quinzaine carbonnaise réservée au souvenir de l’exode espagnol de 1939 a particulièrement bien débuté et s’achèvera le 12 novembre prochain, à 17h au centre socioculturel du Bois de Castres, par la projection du film « Angel » de Stéphane Fernandez – 2016 (durée 1 h 10), en présence d’Angel, acteur de son propre rôle, et de Domingo Fernandez, père du réalisateur.

Revenons à mercredi dernier où Christian Lagarde, universitaire à Perpignan et ancien carbonnais, invité par l’association « Histoire et traditions Carbonnaises », nous a, par sa conférence fournie sur la Rétirada, mis en appétit sur ces événements. Plus de 180 personnes se sont retrouvées dans la salle des fêtes du centre socioculturel pour écouter puis interroger le conférencier, parfois même apportant des témoignages vibrants. Il faut dire que, dans l’assistance, beaucoup d’enfants et petits-enfants de réfugiés étaient présents. Un bon début alors qu’à la mairie de la ville une exposition mise en place par des membres du Musée Départemental de la Résistance et de la Déportation de Toulouse était proposée.

Dimanche, vernissage de cette exposition. En l’absence de Bernard Bros, maire de la commune, et de son adjoint à la culture et au sport, Ali Bénarfa, partis chez nos amis Gallois avec nos jeunes rugbymen, c’est Denis Turrel, premier adjoint, qui accueillait Nelly Guihur, présidente d’Histoire et traditions Carbonnaises, accompagnée de Christian Lacombe à qui nous devons cette quinzaine, Eric Fraj, petit fils d’exilé espagnol, et plus de 150 personnes venues l’écouter nous conter la Rétirada en chansons, poèmes et souvenirs familiaux. Un après-midi d’une très grande richesse. Denis Turrel tenait à excuser Georges Méric et Maryse Vezat Baronia, sensibles à ce devoir de mémoire, qui ne pouvaient être présents puis il poursuivait : « Fin janvier 1939, Barcelone tombe … l’histoire est cruelle. Sa chute signe la défaite des républicains espagnols. 500 000 personnes fuient et se réfugient en France. C’est La Rétirada. Exode traumatisant pour des populations jugées indésirables par le gouvernement Daladier. La suite sera terrible pour l’Europe et le pour monde entier. La parole de cet exil républicain est devenue une part de notre mémoire commune ». Après 2 heures émouvantes de la prestation d’Eric Fraj, Denis Turrel concluait : « Pour conclure, un grand merci à Eric Fraj qui, par son histoire, son talent et ses textes, est un fabuleux témoin, artiste sans frontière qui déplace sa conscience et celle des femmes et des hommes qui se sont battus et qui se battent pour la liberté et la fraternité ».