Un enfant de Mailholas s’en est allé. Après avoir gagné tant de combats, il vient de perdre le dernier.

Il y avait une foule considérable aux obsèques de Roger Pons. La petite église de Mailholas était trop petite pour accueillir toutes les personnes qui ont souhaité lui rendre un dernier hommage. Un homme et une famille très appréciés dans le Volvestre. Devant le parvis de l’église on pouvait, en regardant les personnes présentes, retracer sa vie bien remplie. Une délégation d’archers du Papogay, en tenue traditionnelle, avait souhaité honorer l’un des siens.

Roger Pons était boucher de son métier, avec le geste sûr et précis des hommes de l’Art qui aiment leur métier, le tablier blanc noué avec la ficelle traditionnelle et des discussions hautes en couleurs avec les clients qui attendent de se faire servir.

C’était aussi un sportif accompli. Il a pratiqué le football à Rieux Volvestre jusqu’à l’age de 45 ans et a parcouru les routes du Volvestre  en vélo, lesquelles n’avaient aucun secret pour lui. Au fil du temps, ce sont les rencontres de pétanque au boulodrome de Montesquieu Volvestre qui le comblaient davantage.

Doté d’un caractère bien trempé comme on en fait dans nos campagnes, Roger Pons a mis cette qualité au profit de tout ce qu’il a entrepris. De 1983 à 2001, il fut maire de sa commune de Mailholas. L’occasion pour lui de défendre bec et ongles les intérêts de ce petit village fort de 39 âmes les plus diverses. Quelques coup de gueule de çi de là, notamment dans les intercommunalités pour faire respecter les voix des petites communes qui ne veulent pas disparaître.

Dans cette petite chapelle qu’il a grandement participé à restaurer, le Volvestre lui a dit Adieu avant qu’il ne soit mis en terre dans le petit cimetière situé juste à côté. Le maire Gérard Carrère a parlé de Roger comme d’un grand frère. Des propos pleins de respect pour celui dont il a beaucoup appris.

Roger Pons repose maintenant en paix sur cette petite colline du Volvestre qu’il aimait tant. Devant ses majestueuses Pyrénées qu’il pourra admirer pour l’éternité, il laisse les siens dans la peine. Des enfants et une famille fiers de ce qu’a été accompli par cet homme à la vie simple mais bien remplie.

En 1862, Arsène Houssaye écrivait : « Les morts ne meurent pas tout à fait pour ceux qu’ils ont aimés ou pour ceux qui les ont aimés. Comme le soleil qui vient de se coucher dans l’Océan, ils répandent encore de vives lumières si on se tourne vers eux. Il semble que leur âme colore toujours les chers souvenirs comme le soleil disparu colore encore les nuages à l’horizon. »