Dossier : Faits de société

La colère des usagers de la gare de Carbonne gronde. Les quelques 500 utilisateurs (en moyenne) qui montent dans le train chaque jour dans la capitale du Volvestre craignent que la SNCF ne sacrifie la qualité d’un service sur l’autel de la rentabilité et du profit, deux notions ineptes lorsque l’on parle service public. D’importants travaux sont actuellement effectués dans cette gare, dont la mise en place d’une passerelle qui permettra aux usagers de ne plus traverser les voies. Tous ces investissements vont-ils voir, en contrepartie, la disparition des agents chargés de la sécurité et la diminution des heures de présence de ceux chargés du guichet ?

Situation actuelle

L’enquête effectuée par nos soins indique que la situation actuelle n’est déjà pas satisfaisante pour nombre de personnes qui fréquentent cette gare. Le guichet n’y est ouvert avec certitude que le matin à partir de 6 heures 10. L’après midi, l’ouverture est aléatoire et s’effectue en fonction de la seule notion interne de personnels disponibles. L’usager, dont on se moque éperdument, ne sait donc pas à l’avance s’il pourra acheter dans ce créneau horaire un billet grande ligne. Il se déplace à la gare et, faute de chance, trouvera tout simplement guichet fermé. Il ne lui restera plus qu’à revenir un matin pour être sûr ! Cette situation ubuesque est aggravée par le fait que le guichet automatique qui se trouve à l’extérieur du bâtiment ne délivre que des billets pour le TER et non pour les grandes lignes !

En délégation de service public, une société privé KEREMIA est présente de 5 h 30 à 10 h et de 16 h à 19 h pour assurer la sécurité des usagers à l’extérieur de la gare. Il est fort à parier qu’avec la mise en place de la passerelle ces agents ne disparaissent par soucis d’économie. Quand l’investissement se fait au détriment de l’emploi et d’une certaine idée de la sécurité humaine !

Des usagers qui veulent qu’on leur rende des comptes

Pourtant, la convention qui lie la SNCF à la Région avait de nombreuses exigences qui, semble-t-il, sont loin d’être toutes respectées. A l’heure où celle-ci va être renégociée, les usagers veulent peser de tout leur poids pour obliger la SNCF à respecter ses engagements et à rendre des comptes quant à l’utilisation des fonds versées par la Région. C’est dans ce sens qu’un collectif des usagers de la gare de Carbonne vient de se créer et qu’une première réunion publique s’est tenue. Un bras de fer qui ne fait que commencer.