« Depuis de nombreuses années, nous n’avons pas attendu pour construire un territoire»

Ancien sénateur, ancien conseiller départemental, Gérard Roujas est aujourd’hui président du pays du  sud toulousain (PETR). Observateur d’expérience de la vie politique locale, il a souhaité sortir de sa réserve pour replacer les choses dans leurs perspectives.

Gérard Roujas, pourquoi avoir souhaité sortir de votre réserve à l’occasion de ces législatives ?

J’observe avec beaucoup d’attention cette campagne électorale et force est de constater que, ici ou là, on aurait une fâcheuse tendance à nous faire prendre des “vessies pour des lanternes”.

Pouvez vous préciser ?

Après 15 années d’un travail incessant, des hommes et des femmes d’expérience, élus de notre territoire, de toutes tendances politiques confondues, ont oeuvré sans relâche au sein du pays sud toulousain. Ils ont agi dans le sens de l’intérêt collectif au profit des habitants qui y demeurent. Pionniers au niveau national, ils portent avec enthousiasme un projet politique commun qui fait de la croissance durable et de l’emploi l’un de ses axes majeurs. Le pays sud toulousain, c’est l’adhésion des trois communautés de communes de Coeur de Garonne, Lèze-Ariège et Volvestre. L’addition de 99 communes et quelques 100 000 habitants.

Pourquoi rappeler cela ?

Il est nécessaire de rappeler que, depuis de nombreuses années, une formidable énergie a été dépensée pour construire un territoire avec une vision d’ensemble. Avec la position géographique qui est la notre, nous avons compris la nécessité d’un desserrement industriel de l’agglomération toulousaine qui est complètement saturée. Nous avons eu cette capacité à nouer des partenariats avec de très nombreux acteurs publics et privés. La convention avec la chambre du commerce et de l’industrie de Toulouse en est une illustration. Selon une vieille expression française, il est donc « fort de café » de vouloir nous faire croire, par des candidats qui ne se sont jamais intéressés à notre territoire et, pour certains qui s’occupent de la métropole toulousaine, que tout est à faire ici !

Pouvez-vous nous citer quelques exemples qui étayent vos propos ?

Le pays sud toulousain a su mobiliser des financements européens ou nationaux pour les orienter vers des actions favorables au développement local et à l’emploi. Nous nous sommes positionnés sur le programme européen Leader qui nous permet de débloquer une enveloppe financière de 2,5 millions d’euros pour contribuer au financement de projets locaux.

Dans un autre domaine, en faisant de la rénovation énergétique de l’habitat un axe prioritaire, nous avons contribué au développement du secteur du BTP. La mise en place de la plateforme Objectif Reno en 2015 voit la participation de 50 entreprises locales et permet d’accompagner les particuliers dans leur projet de rénovation. En 18 mois, près de 350 ménages ont été accompagnés dans leurs démarches et 150 projets ont été menés à terme. Cela représente plus de 1 700 000 euros de travaux réalisés essentiellement par des entreprises locales.

Enfin, nous nous sommes intéressés à l’attractivité et au développement économique de notre territoire par le prisme des déplacements. Cette année le pays, pionnier en la matière, a engagé l’élaboration d’un plan de mobilité rurale qui vise à proposer sur son territoire une approche globale de la mobilité, en cherchant l’équilibre et la conciliation des différents modes de transports. Dans un même temps et dans un même esprit, nous avons engagé une réflexion pour le développement et la mise en place de tiers lieux qui permettent de limiter les trajets quotidiens vers la métropole toulousaine.

En conclusion ?

Avant de conclure, je voulais dire également que nous travaillons de concert avec le conseil départemental de la Haute-Garonne et la Région Occitanie. C’est ainsi qu’à titre d’exemple le conseil départemental a massivement investi pour faire venir le Très Haut Débit dans nos campagnes. Il fait disparaître ainsi la fracture numérique qui était un vrai handicap pour notre territoire.

Pour conclure, je voudrais simplement dire que, certes, tout ce qui est neuf et qui semble beau brille de mille feux et peut attirer. Rappelons nous simplement que des femmes et des hommes, investis depuis de nombreuses années, travaillent sur le territoire; souvent dans l’ombre et avec difficultés, pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens.