Dans un article paru dans le Trait d’Union Paysan le 27 janvier 2017, la FDSEA 31 accuse le Conseil Départemental de gaspiller l’argent du contribuable. Fichtre ! A la lecture de ce papier, on peut émettre des doutes quant à la sincérité de l’argument avancé. Ce syndicat agricole ne souhaiterait-il pas en fait un monopole sur l’existence des conseillers agricoles?

Avec un titre « Le Conseil Départemental gaspille l’argent du contribuable », le rédacteur de l’article affirme une certitude en excluant toute conditionnalité. Ce n’est ni plus ni moins qu’une accusation qui n’a pas manqué de faire réagir vivement Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne, soucieux depuis son arrivée à la tête du département des équilibres budgétaires.

De quoi s’agit-il ?

S’appuyant sur la fameuse loi Notre qui a donné la compétence agricole aux Régions, la FDSEA 31 dénonce que la Haute-Garonne est le seul département à l’avoir gardée par le biais d’une convention signée avec la présidente Carole Delga. Ce transfert de compétence a pour but de promouvoir l’agroécologie. De ce fait, les conseillers agricoles du département n’ont pas disparu et sont devenus des conseillers agro-environnementaux. Les agriculteurs du département ont donc le choix de faire appel soit aux conseillers agricoles de la Chambre d’Agriculture, service payant, soit aux conseillers agroenvironnementaux avec un service gratuit. Décrivant une situation aberrante, la FDSEA 31, se substituant aux choix politiques, donne ensuite une liste à la Prévert pour expliquer au président du Conseil Départemental tout ce qu’il aurait pu ou dû faire avec les 1,3 millions d’euros que coûtent les conseillers agro-environnementaux.

La réaction indignée de Georges Méric, président du Conseil Départemental de la Haute-Garonne ne s’est pas faite attendre  moyennant un droit de réponse pour le moins cinglant.

Extrait du droit de réponse de Georges Méric :

… Je souhaite poursuivre ces accompagnements et je ne pense pas que mon action, si utile aux agriculteurs dans le contexte actuel, soit «un gaspillage de l’argent du contribuable» comme vous l’écrivez. Au contraire, elle illustre bien un choix politique fort, que j’assume pleinement avec Messieurs Patrice RIVAL et Gilbert HEBRARD, ainsi qu’avec l’ensemble des conseillers de la majorité départementale.

Quelques chiffres clés de 2016 pour vous rappeler l’ampleur de la politique agricole du Département :

  • 685 subventions pour plus de 1,25 millions d’euros,
  • Plus de 500 000 euros pour les éleveurs,
  • 240 000 euros pour les actions des associations et les manifestations du monde agricole,
  • Vote d’une aide exceptionnelle de 120 000 € en faveur des éleveurs de palmipèdes en circuit-court suite à la grippe aviaire.Je vous rappelle que le Conseil départemental œuvre déjà sur toutes les actions que vous avez citées dans votre article : financement des outils d’irrigation, aides aux aviculteurs, accompagnement au développement des circuits courts (Opération MIAM 31 et plate-forme virtuelle de mise en relation AGRILOCAL), soutien au pastoralisme…Je souligne également que le Département, membre du SMEAG, a presque doublé sa participation au soutien des étiages de la Garonne, qui s’élève à 71 000 € en 2016. Et cela afin de répondre aux demandes de la profession agricole. Cette participation, non obligatoire au demeurant, permet de réduire la participation financière des usagers, dont les agriculteurs.

    Concernant plus particulièrement les missions des conseillers agro-environnement de la Haute-Garonne, les chiffres parlent d’eux-mêmes :

    • 110 réunions regroupant 900 agriculteurs sur des thématiques diverses,
    • 17 000 contacts avec les agriculteurs (permanences, contacts téléphoniques, visites, dossiers divers dont PAC…), sur tous types de demandes,
    • 20 conventions de partenariat technique signées avec les ACVA (Associations Cantonales de Vulgarisation Agricole).

Si l’on suit votre raisonnement, il faudrait supprimer tous ces conseils gratuits et ces aides financières. Surprenante proposition faite par votre syndicat contre les intérêts de votre profession. Les agriculteurs de la Haute-Garonne apprécieront votre prise de position certainement guidée par vos considérations politiques personnelles.

Pour ma part, je crois au sens pratique des agriculteurs. S’ils ne trouvaient pas de la compétence et de l’efficacité dans l’accompagnement de nos conseillers agro-environnement, croyez-vous qu’ils les solliciteraient aussi fortement ?

De plus, je ne peux envisager qu’ils utilisent deux fois le même service : ils choisissent en fonction de leur besoin particulier et de la qualité de la réponse. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas le monopole du service à nos agriculteurs qu’il y a doublon. Les agriculteurs de la Haute-Garonne, les agricultures plurielles de notre département, bénéficient d’un appui technique, sur le terrain, actif et multiple, avec des visions parfois différentes. Il n’y a que vous pour le regretter.

Au vu de ces éléments, je m’insurge contre vos propos qui s’avèrent à l’opposé de l’attente du monde agricole, en recherche de reconnaissance et de soutien par la société…

…Force est de constater que la FDSEA31 que vous présidez ne veut toujours pas percevoir l’action du Département comme un renforcement complémentaire des efforts de chacun pour aider l’agriculture de ce département. Malgré vos propos, je continuerai à mener la politique volontariste du Département, convaincu de son efficacité auprès des agriculteurs de la Haute-Garonne.

D’ailleurs, je tiens à vous faire part des réactions d’indignation que de nombreux agriculteurs et partenaires du monde agricole m’ont immédiatement témoignées suite à la parution de votre article.»

 

C’est mieux en le disant ! Pour vérifier les propos de Georges Méric, nous avons rencontré des agriculteurs et agricultrices sur les coteaux du Volvestre. D’un ton quasi unanime, ils ont désavoué l’attitude du syndicat agricole FDSEA 31 qui, à leurs yeux, a politisé le débat. L’une d’entre eux nous a déclaré : «Je suis bien contente d’avoir les conseillers agro-environnementaux du département notamment pour m’aider gratuitement dans les problèmes liés aux dossiers PAC. Nombre d’agriculteurs, avec les difficultés financières qu’ils rencontrent, n’ont plus les moyens de payer des conseillers agricoles alors qu’il existe un service gratuit »