Si vous vous promenez le samedi matin à travers les belles rues de Rius, à partir du mois de février et jusqu’à fin avril, les cris des enfants vous conduiront tout droit vers le parc des jacobins, le fameux parc des demoiselles souvent habité par des hommes de nos jours, ainsi vont les aiguilles du temps.

Dès que vous passez cette petite porte (toujours ouverte dès 09h30), en bas des escaliers vous entendez déjà l’ambiance qui règne à l’intérieur de cet atelier. Jeunes, moins jeunes, hommes, quelques dames, novices, experts se retrouvent dans ce lieu où l’art traditionnel a toute sa place.

D’un côté il y a ceux qui taillent les plumes, puis les classent : celle qui trouvera sa place à gauche, celle qui sera à droite et celle du milieu. De l’autre ceux qui les collent (parfois à l’envers dit la légende…). Plus loin les maîtres de l’étoupe. A quelques kilomètres, un grand chevalier prépare des fers dans son atelier. Telle une fleur, tous ces éléments vont polleniser et donner naissance à une flèche. Peut-être celle du Roi du Papogay ?

Plus tard, chaque archer de la compagnie prendra soin de la peindre à ses couleurs fétiches.

Du plus simple au plus compliqué, du multicolore au rose, chacun y trouve son âme de peintre graphiste.

La compagnie possède également son stock. Une aux couleurs de la nation qui sera tirée, en premier, par le maire de Rieux-Volvestre, qu’il soit homme ou femme…. « Z’est la tradizion qui Vezat ». Une autre, sur socle, en remerciement aux invités privilégiés qui méritent la signature de la reconnaissance.

Le jour du défilé, le jour tant attendu ! Trois flèches mélangées aux fleurs de saisons, ou rescapées des pluies précédentes, seront positionnées au sommet de l’arc, accompagnant l’archer, comme un fidèle compagnon, jusqu’au pied du mât. Puis vient le tir ! Une fois en l’air, certaines se laisseront porter par le vent, d’autres auront une mission à remplir mais au départ du geste, la volonté de chacun est unique : toujours tirer droit à l’oiseau ! Une flèche qui tourbillonne, folle, traduit généralement qu’une plume vient de lâcher. Un patac ! Et là, en principe, l’archer sait qu’il ne pourra plus compter sur celle-ci pour les prochaines volées, le divorce ayant été entamé entre le bois et le fer. Comme dans la vie, ce diable d’oiseau aura jugé et tranché la situation…

Quelques rafales plus tard… Une flèche plus dégourdie que les autres viendra impacter l’oiseau, droite comme un i, elle mettra un point final à ce diable perché tout là-haut. Au pet ! elle redescendra aussi vite qu’elle est montée, non loin du mât, c’est à ce moment que l’archer ou plutôt le nouveau roi signe son œuvre sur le bec, une aile, le corps ou encore la queue de l’ausel.

Vous l’avez compris, la flèche d’un archer du Papogay est importante. Le court instant des fêtes, elle trouve même sa place au sein de la famille. Il est effectivement tentant d’en adopter une sournoisement. Pour éviter ce geste maladroit, elles sont à vendre au public, le week-end des fêtes au stand du Papogay. Ainsi, le travail manuel de chaque archer est respecté. Vous pouvez également les voir au musée du Papogay, à l’office du tourisme intercommunal à Rieux Volvestre.

Adishatz monde e la companhia !