Après plus de quarante ans d’un règne sans partage et sans interruption sur le Sivom de Rieux Volvestre, Adolphe Ruquet, devenu octogénaire, a annoncé officiellement qu’il laisserait sa place de président dans le courant de l’année 2017.

Ce visionnaire a su imposer son rêve d’une solidarité entre les 10 communes de l’ex-canton de Rieux Volvestre en créant ce qui allait devenir au fil des décennies une véritable institution composée de plus de 100 salariés. Il a été, en outre, un précurseur dans l’action médico-sociale en créant le premier service de soins à domicile et d’aides ménagères du département de la Haute-Garonne. C’est dire combien son départ de la présidence est un véritable tournant pour cette collectivité pas tout à fait comme les autres. Adulé par les uns, fortement critiqué par d’autres, le Sivom de Rieux Volvestre, devenu « des plaines et des coteaux du Volvestre », est, quoiqu’on en dise, un véritable vecteur économique du territoire. Remplacer Adolphe Ruquet était illusoire, il fallait donc trouver un volontaire pour lui succéder. C’est maintenant chose faite avec Jean-Marc Esquirol, maire de Lacaugne, qui s’est porté volontaire pour assumer cette lourde tâche dans un contexte très compliqué. La tendance est à la disparition des Sivoms, à plus ou moins long terme, au profit des communautés des communes. Pour l’instant, celui de Rieux a échappé à cette logique compte tenu surement de son poids économique et humain.

Rencontre avec Jean-Marc Esquirol, candidat à la présidence du Sivom des plaines et des coteaux du Volvestre.

Vous avez décidé d’être candidat pour devenir le prochain président du Sivom des plaines et des coteaux du Volvestre. Quelle a été votre réflexion qui vous a conduit à cette décision?

En préambule, je dois dire que je suis très attaché et donc impliqué dans notre SIVOM, comme d’ailleurs tous les délégués des 10 communes. Pour en revenir à la question, ma prise de décision s’est faite en 3 étapes.

A l’annonce de Mr A. RUQUET de laisser la présidence, l’idée m’a simplement effleuré, sans plus, l’ampleur de la responsabilité l’effaçant aussitôt. Quelques semaines plus tard, lors d’un Comité Syndical, un élu a soulevé la question de la nouvelle présidence; un échange s’en est suivi au cours duquel j’ai donné ma façon de voir. A la fin de cette réunion, plusieurs délégués m’ont gentiment dit «au revoir, Président ! … »

La perspective que je puisse être candidat a ensuite fait son chemin dans notre petit territoire car, au cours d’une manifestation publique à Carbonne, d’autres élus (de la CCV, ceux-là) m’ont assuré de leur sympathie, de leur soutien. J’étais devenu candidat à la Présidence du SIVOM sans l’avoir annoncé !

Alors pourquoi pas ? Ce que j’ai fait lors du Comité Syndical du 10 novembre 2016.

Remplacer Adolphe Ruquet, président fondateur du Sivom, en place depuis plus de 40 ans, doit représenter un sacré défi?

Un défi non ! Je n’ai pas la prétention de me comparer à Mr A. RUQUET. Une lourde tâche oui !

Lorsque je suis arrivé à Lacaugne (il y a une vingtaine d’années), j’ai été très impressionné par l’importance du SIVOM de Rieux, ses actions, son patrimoine, le nombre d’agents. Habitué aux syndicats «types » avec leur compétence unique plus ou moins bien assurée, j’ai découvert une structure dynamique, moderne, en « avance » surtout dans les domaines à caractère médico-social et dans l’aide aux personnes. Je n’oublie pas la politique innovante menée auprès des 10 communes adhérentes : aide d’un point de vue technique, moteur dans le développement d’un projet choisi (la MAE pour ne citer que celui de Lacaugne).

Je dis : « chapeau ! Mr RUQUET ».

Quelle est votre vision de l’avenir du Sivom des plaines et des coteaux du Volvestre ?

Alors, comment je vois l’avenir ? De façon très positive..

Le canton de Rieux a disparu, la loi NoTre est passée chez nous mais le SIVOM est toujours là; certes il a changé de nom : SIVOM des Plaines et Coteaux du Volvestre et c’est mieux ainsi.

Nous avons les structures, le matériel et les agents. Il suffit de consolider, de renforcer tous ces points forts.

Notre territoire a d’énormes atouts touristiques, notre SIVOM a des moyens, faisons en sorte de les adapter, de les moderniser. Nous avons avancé déjà dans ce sens grâce aux travaux de la Commission Accueil.

Avec le SSIAD-ESA, nous sommes à la pointe dans le domaine de l’aide aux personnes, qu’elles soient âgées, en perte d’autonomie ou malades. Le Département a reconnu l’excellent travail déjà réalisé par les services ; il vient en effet de retenir nos propositions dans le cadre de l’appel à projet pour la mise en œuvre d’actions de prévention envers les plus de 60 ans vivant à domicile.

Nous venons de créer une Halte-Répit pour les accompagnants de malades atteints d’Alzheimer. Je rappelle que l’Equipe Spécialisée Alzheimer intervient sur 110 communes!

Sans oublier les Services Techniques, la Régie des Transports, le Service de Restauration avec sa cuisine centrale …

On a la possibilité de développer une synergie entre tous ces services ; et ainsi de conforter l’impact du SIVOM en matière économique : créer des richesses et de l’emploi.

Alors oui, je suis optimiste.

Selon vous, comment devrait s’organiser le nouveau mode de gouvernance ?

J’ai dit que la tâche serait lourde, et je ne pourrai l’assumer seul. Je compte donc, si je suis élu, travailler avec une équipe restreinte et motivée d’élus selon une organisation et une méthode encore à l’étude. Le Bureau et le Comité Syndical sont les deux outils indispensables de décision ; mais les Commissions doivent aussi tenir une place capitale et être de véritables forces de projets.

Dans tous les cas, nous ne pourrons avancer sans la motivation de l’ensemble des personnels.

L’embauche d’un directeur de service ou d’un DRH est-il devenu indispensable compte tenu de la taille de cette collectivité ?

L’embauche de directeurs sera peut-être nécessaire mais pas dans l’immédiat. Il faut voir comment « ça se passe ». Mais d’ores et déjà une piste de collaboration avec la CCV sous forme de partenariat, de convention mérite réflexion.

Où en est-on de cette fusion entre le Sivom de Rieux, le SIASCAR et l’action sociale de Montesquieu ?

Les services préfectoraux avaient proposé le regroupement des 3 structures : notre SIVOM, le SIASCAR, l’Action Sociale de Montesquieu. A première vue ce projet semblait présenter un certain intérêt, en ce qui concerne la reconnaissance de l’implication médico-sociale par exemple. Mais les problèmes de gestion de personnel (plus de 200 salariés), d’organisation (près de 30 communes regroupées), de structures et de matériel, de gouvernance ont poussé la totalité des communes à refuser cette fusion.

Nous sommes début janvier 2017 et nous n’avons eu aucune notification des services de l’État alors qu’une décision aurait dû intervenir avant le 31 décembre 2016.