JUPPÉ A L’ORIGINE DU MANQUE DE MÉDECINS

La santé intéresse au premier chef tous nos concitoyens dans leur vie quotidienne.

La désertification médicale de nos villes et de nos campagnes, l’obligation des médecins atteignant l’âge de la retraite de prolonger leur activité faute de trouver des successeurs,l’afflux compensatoire  aléatoire de médecins étrangers sont autant de problèmes posés depuis des lustres aux pouvoirs publics qui ont failli dans leur mission.

Les questions qui se posent aux habitants de notre pays et de nos territoires sont partout les mêmes. Où peut-on trouver un médecin traitant quand le votre part à la retraite? Quel délai d’attente pour obtenir un rendez vous ?

Tout le monde a oublié la sinistre et ravageuse réforme qu’avait concocté Mr Alain Juppé, alors premier ministre, en 1995 : le MICA ou mouvement d’incitation de cessation d’activité.

Il a envoyé prématurément,contre indemnité sonnante et trébuchante, plus de 10 000 médecins  à la retraite à partir de 58 ans. Au même moment bizarrement il décidait du report logique du départ à la retraite à 65 ans et la France était dans la rue.

Par malthusianisme le chef du gouvernement de l’époque, en ancien inspecteur des finances qu’il était, s’est révélé un très mauvais visionnaire en pensant qu’en diminuant le nombre de prescripteurs il diminuerait les prescriptions, donc les dépenses, le déficit et la dette de la Sécurité Sociale.

De plus il a aggravé le numérus clausus en minorant de manière drastique le nombre d’étudiants français reçus au concours de la première année de médecine.

Comment Alain Juppé a-t-il pu penser qu’une étudiante ou un étudiant en médecine français  collés avec plus de la moyenne deviendraient de moins bon médecins que des médecins étrangers qu’on est obligé d’aller chercher pour compenser la pénurie de praticiens?

Deux erreurs de gestion de la santé qui fragilisent pour longtemps nos villes et nos campagnes.

Docteur Philippe Perrot

( médecin généraliste maire de Saint-Gaudens 2001-2008)