L’Association Alerte.Usine.Eaunes31 communique :

« Nous n’insisterons pas sur cet épisode stupéfiant d’un élu municipal (liste d’opposition) hors de contrôle, proférant menaces et insultes sur le lieu de travail d’un commerçant qui n’a à “se reprocher” que son inquiétude face à un projet d’usine de méthanisation, ou son engagement aux côtés de l’association Alerte.Usine.Eaunes31.

Sommes-nous bien dans un État de droit ?

Tout citoyen a le droit de ne pas être d’accord avec un projet impactant les espaces (domiciles, espaces publics, espaces de travail) où il a choisi de vivre, en les rendant, a minima, anxiogènes, nuisibles à son bien-être et à sa santé, voire même dangereux.

 Nous-mêmes, association, avons le droit de rendre visibles ces inquiétudes, ces angoisses, ces peurs, en contribuant à alimenter un débat public puis en proposant des moyens d’actions, dans le respect, la dignité, la responsabilité.

 Nous avons le droit d’être respectés car nos documents d’information citent leurs sources, s’offrent à la discussion, invitent à la réflexion et n’ont rien à voir avec ce que M. Castany qualifie de “supercherie”. La supercherie n’est-elle pas plutôt dans cette affirmation : “Que ça vous plaise ou non, cette usine, vous l’aurez !”

 Nous avons le droit d’estimer qu’il n’y a pas une “pensée unique” de l’expertise en matière de méthanisation et que nos experts valent les leurs, lorsqu’ils observent que la méthanisation financière prend déjà le pas sur la méthanisation écologique et que la pertinence d’un projet industriel ne se mesurerait qu’après avoir mis en évidence un bilan énergétique net solide et un bilan carbone positif.

 Nous avons ainsi le droit de préférer M. Labeyrie (méthanisation agricole) à M. Kaemmerer (méthanisation industrielle). (Soirée d’information à Lagardelle, 28 oct.)

 Nous avons le droit de penser qu’un tel projet, s’il n’est pas accompagné d’une volonté publique ambitieuse pour diminuer, rationaliser et modifier nos consommations d’énergie, est condamné au non-sens absolu puisqu’il revient à dire : Ne changeons rien à nos habitudes et construisons des usines pour produire plus d’énergie.

 Nous avons le droit de douter de l’infaillibilité de systèmes de sécurité aussi sophistiqués soient-ils, d’avoir en mémoire les témoignages de vies gâchées par des nuisances de tous ordres.

 Nous avons le droit d’être de plus en plus inquiets quand les porteurs de projet sont dans l’incapacité de répondre de façon convaincante à des questions pourtant simples et reconnaissent n’avoir aucune formation légitimant leur place à la tête d’une telle structure.

 Nous avons le droit de ne pas vouloir apprendre, un jour, que les erreurs du passé n’ont laissé la place qu’à de fausses solutions bénéfiques aux seuls lobbyistes.

 Nous avons le droit de penser que le passage en force d’un tel projet ruinerait la crédibilité de la filière tout entière, cela revenant à dire : puisque la preuve de sa pertinence, pas plus que l’absence d’impact négatif, ne peut être faite, alors il faut l’imposer.

 Nous avons le droit de ne pas prendre au sérieux cette affirmation que cette usine de 200 mètres sur 75 mètres n’est pas plus dangereuse qu’une automobile alors même qu’il est demandé aux porteurs de s’assurer contre les risques : d’implosion, d’explosion (dont celles touchant les voisins), incendies, intoxications, asphyxies, fuites de gaz, dommages électriques, bris de moteurs, etc.

 Nous avons le droit encore de nous interroger sur l’opacité de ce projet en développement depuis 2012, ce dont on trouve inscription dans des documents officiels (ORDIMIP, Région Midi-Pyrénées) alors que l’on nous dit toujours : “Il n’y a pas de projet”.

Nous croyons, enfin, en un État de droit. Pour combien de temps encore ? »

Pour plus de détails, voir les articles précédents :

https://www.petiterepublique.com/2016/10/27/methanisation-difficile-a-prononcer-a-eaunes/

https://www.petiterepublique.com/2016/11/01/projet-de-centre-de-methanisation-acte-2-questions-reponse/