Lors de la cérémonie commémorative du 11 novembre, Jean Ruiz, 97 ans,  a été décoré de la médaille de la reconnaissance de la Nation. Très ému, sous la pluie, casquette à la main, ce saint-gaudinois de longue date a reçu cette nouvelle distinction.

Jean Ruiz est né en 1919 à Puebla De Los Infantes, en Andalousie, dans une fratrie de 6 enfants. Le 18 juillet 1936, suite au coup d’état du général Franco, la guerre civile éclate en Espagne. Dès le 15/8/1936, à 17 ans, il s’engage à Sevilla pour  défendre la République Espagnole. Il participe à la bataille de Pozoblanco (province de Cordoba), puis va à Barcelone et combat à la bataille del Ebro (La Fatarella), au sein des 13èmes Brigades Internationales. Après 3 ans de durs combats, l’armée républicaine est vaincue. En février 1939, Jean Ruiz se réfugie en France lors de la Retirada, comme  500 000 républicains espagnols. Il est interné au camp de concentration du Barcarès. Depuis ce camp, il s’engage dès mars 1939 dans la légion étrangère et va combattre au Maroc, sous les ordres du général Leclerc.  « Je préférais mourir sur le front que dans ce camp ! » dit-il. Il combat en Afrique du Nord jusqu’à la frontière Libyenne. Il  est fait prisonnier en Tunisie en 1943 et  transféré en Italie, puis en Allemagne et interné dans un camp de concentration en Pologne. Ayant le statut de prisonnier de guerre, il n’est pas dans un camp d’extermination. Les allemands les « promènent » dans la neige, qui atteint une hauteur de 2 mètres.  Deux mots reviennent : faim et froid. La Croix Rouge internationale leur donne des colis. Il est libéré par les russes en juin 1945, et rentre en France par Arras puis va à Marseille et Toulouse. Il arrive à Sauveterre de Comminges en 1947. Il a été décoré sur le front en Afrique de la médaille militaire avec 3 citations, puis a reçu d’autres décorations à St-Gaudens.  Il arbore ses médailles lors des cérémonies commémoratives auxquelles il participe chaque année, malgré son grand âge. Il a combattu durant 9 ans le franquisme et le fascisme, 9 ans consacrés à la défense de la République et de la Liberté !

Une belle cérémonie pour Jean Ruiz.

Cette belle cérémonie de commémoration de l’Armistice s’est déroulée en présence des autorités, Jean-Yves Duclos, maire et conseiller départemental, Jean-Raymond Lépinay, président de la communauté des communes, Jean-Luc Brouillou, sous-préfet et des autorités militaires. Carole Delga, présidente de Région, a honoré de sa présence cette commémoration. Les élèves des écoles du Pilat et de Sainte-Thérèse ont lu des poèmes, moment émouvant. Puis les élèves du collège Leclerc ont chanté “It’s a long way to Tipperary” et la Marseillaise, reprise par la nombreuse assemblée. Quatre médailles ont été remises au cours de cette cérémonie. Le président du Souvenir Français a énuméré le nombre de soldats saint-gaudinois morts lors des guerres de 14-18, 39-45, d’Algérie, d’Indochine et a fini en nommant le soldat mort en Afghanistan en 2008. Les élèves ont ponctué cette énumération par la formule “morts pour la France”. La jeunesse a participé également en accompagnant les différents dépôts de gerbes.

Lors du vin d’honneur qui a suivi, après les allocutions de Monsieur le Maire et Monsieur le Sous-préfet, Jules Estaran, président de l’association Memoria y Exilio, a présenté le parcours de Jean Ruiz d’août 1936 à juin 1945. Il a exprimé la fierté des membres de l’association de le compter parmi eux, ainsi que l’admiration qu’il suscite. Jean Ruiz a formulé “Je vous remercie à tous…et bonne santé”. Monsieur Ruiz, à l’année prochaine!