Une première journée à Rieux Volvestre.

C’est à Rieux Volvestre que débuta le festival du conte en Volvestre. Pour fêter dignement son dixième anniversaire, le directeur artistique Pierre Ricard et toute son équipe avaient concocté une programmation d’une grande qualité. Ce fut d’abord Olivier Sessa et Anne Sophie Masson qui firent la joie des enfants du centre de loisirs du plan d’eau de Rieux par une série de contes qui sollicita l’imaginaire de ces gamins. Des yeux écarquillés, des oh ! et des ah ! vinrent récompenser ce moment fort agréable.

Place aux adultes en fin d’après-midi avec le traditionnel apéro-conté préparé avec la complicité du comité des festivités rivoises et de la municipalité. Ce moment de grande convivialité s’est tenu dans le magnifique jardin de la mairie de Rieux. C’est Olivier Sessa et Anne Sophie Masson qui, à la demande générale, racontèrent l’histoire de l’enfant corbeau. Un conte original avec des textes fouillés qui décrit le premier envol de cet oisillon en le comparant avec beaucoup d’ humour à la vie des hommes. Un décor et des costumes ajoutèrent au plaisir du moment où ont alterné récits, chants et découverte d’instruments anciens et atypiques venus des quatre coins du monde. Une réussite et un public conquis.

Pour ceux qui l’avaient souhaité, un repas concocté avec toujours autant de réussite par le traiteur Véronique Devic a permis de partager un moment précieux où organisateurs, public et artistes se sont assis sur les mêmes bancs pour refaire le monde, celui où il n’y a place que pour le Beau et le Vrai.

Une soirée haute en couleur

Comme le veut la coutume, c’est Maryse Vezat maire de Rieux Volvestre et Yannick Foucaud président du festival qui déclarèrent ouvert le festival du conte. Se rappelant son agrégation de français, Maryse Vezat faisait un plaidoyer pour celui qui fut un conteur, observateur de son époque : Voltaire. Rappelant les événements actuels, Yannick Foucaud invitait les festivaliers à suivre les conteurs dans des actes de résistance et de ne pas tomber dans le piège du tout sécuritaire qui ne résoudrait pas les problèmes. C’est la culture et l’éducation dans une république fraternelle et égalitaire qui permettront de sortir d’une impasse ponctuelle. Et place au spectacle…

La première partie fut assurée par Alain et Christine Quillot. Un duo à la vie et sur scène très atypique. Ce spectacle à mi-chemin entre le théâtre, le conte et le concert raconte l’histoire de deux êtres qui vont se rencontrer par le biais de la vente d’un accordéon proposé par une petite annonce.

Des textes tantôt drôles, tantôt poétiques et deux instruments qui se répondent, l’un étant un accordéon diatonique, l’autre un flûte traversière. Une découverte et un pur moment de bonheur.

Dès son entrée sur scène Sandrine Rouquet vous emporte dans son monde où la tristesse et la mélancolie ne sont pas de mise. Vêtue de noir, sans artifice ni décor, elle possède ce talent de pouvoir conter avec les seules expressions de son visage et de son corps aidé, il est vrai, par des intonations de voix qui font mouche. Observatrice du monde rural qui l’entoure, elle a su écrire des textes situés à mi chemin entre le réel et l’imaginaire. Ils décrivent, avec un humour décapant, des scènes de la vie quotidienne des gens simples de nos campagnes. Avec cet accent du sud ouest tout droit sorti du Tarn, elle a su jouer avec les rivalités de clocher et se moque sans vergogne de nos amis aveyronnais et leur sens de l’économie ! Cette ancienne aiguilleuse du ciel qui a tout laissé tomber pour faire un voyage initiatique et se consacrer au conte au hasard d’une rencontre a bien été inspirée de changer sa courbe de vie. Son spectacle est vraiment très drôle et ses textes issus d’un mariage improbable entre Don Camillo, Raimu, Fernandel et Olivier de Robert qui auraient immigré dans le Tarn ou l’Aveyron sont un vrai plaisir. Le public conquis lui a fait un triomphe mérité.

Crédit photos:  Jean Claude Vollmar photographe officiel festival du conte