La start-up « Payname » change de nom pour devenir la néo-banque « Morning »

 

C’est devant un parterre de 500 invités venus de toute la France qu’Eric Charpentier PDG fondateur en 2013 de Payname a inauguré ses nouveaux locaux à Saint Elix le Chateau. Un choix unique et délibéré d’un concept d’une « start-up à la campagne ». Pourtant s’installer à la campagne ne fut pas chose aisée. Il fallut d’abord, dans un temps record, tiré 10 kilomètres de fibre pour faire venir le très haut débit. Ce bâtiment de 600 M2, entièrement vitré, au nom symbolique de « Toaster » est d’une conception ultra moderne. La décoration a été élaborée par de grands designers aidés par l’ensemble de l’équipe. C’est une grande cuisine entièrement équipée qui se trouve au centre du dispositif, au milieu des bureaux et des ordinateurs. Un lieu propice aux échanges non formalisés mais tellement plus efficaces. Les ingénieurs présents peuvent même aller travailler dans une cabane s’ils veulent ponctuellement s’isoler. Des nouvelles formes de travail et des pratiques de management qui sortent des sentiers battus. Les réunions se font avec des post-it et on règle les conflits en jouant à se tirer dessus avec des balles en plastique. Ici visiblement tout est organisé pour que les collaborateurs éprouvent un réel plaisir et un bien être au travail. Des poules et des moutons présents sur ce site pas comme les autres soulignent la volonté rurale de l’implantation.

De grandes ambitions sur ce site

Dès cette année de nouveaux bâtiments vont sortir de terre. Ce sera en premier une salle de sport que pourront fréquenter les habitants du village. Une piste cyclable reliant le site à Saint Elix va être réalisée. Une collaboration étroite entre les institutionnels, les élus (et notamment la municipalité) et les porteurs de projet ont été un vrai gage de réussite. Dès l’année prochaine un campus sortira de terre pour accueillir la centaine de collaborateurs qui viendront grossir l’équipe (cout 1,2 million d’euros). Une crèche devrait également être installée. Des retombées économiques pour tout un territoire et des infrastructures à adapter.

La finalité est que la start-up désormais dénommée « Morning » ne devrait pas rester seule sur le site. Le succès appelant le succès, pari est fait que de nombreuses autres start-up liées au numérique vont venir s’installer autour des bâtiments de la nouvelle banque. Des contacts sont déjà en cours pour ce qui pourrait devenir un territoire numérique, la « Silicon Valley » du Sud Toulousain. Saint Elix le Chateau devenu le « San José » californien, un rêve à portée de main. Il existe cette volonté commune du « vivre ensemble » entre les habitants du territoire et ce nouveau site très prometteur.

Morning, une nouvelle conception de la banque

Depuis l’obtention de son agrément bancaire en juillet 2015, “le premier accordé en province” précise Eric Charpentier, fondateur de Payname, la start-up préparait sa révolution. Fort du retour de leurs 60 000 clients actuels, elle complète son offre de service pour devenir en septembre 2016 une banque indépendante novatrice dans son offre de service. Payname se proclame donc comme une « néobanque », comprenez une banque plus proche des attentes des consommateurs.

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Eric Charpentier, quelle est la nouveauté de cette néo banque ?

« Les utilisateurs pourront ouvrir un compte avec IBAN et avoir une carte associée. Ils pourront l’alimenter depuis un autre compte ou en y déposant directement leur salaire. Ils auront donc accès aux services classiques d’une banque mais aussi à des services plus innovants sur la même plateforme. Les utilisateurs ont la main sur tout : ils peuvent activer ou désactiver facilement la possibilité de faire des achats en ligne, le paiement NFC, ils voient les dépenses apparaître directement sur mobile… On sort d’une logique de relevé bancaire pour passer à un format timeline plus social : l’utilisateur voit les opérations, peut interagir dessus (partager le paiement, l’affecter à un autre compte bancaire lié à l’application…).

Facilement personnalisable, plus agile, plus en phase avec les usages collaboratifs, Morning recèle des fonctionnalités dont le consommateur n’aurait même pas osé rêver : mais aussi le paiement entre amis, un compte et une carte entièrement pilotables (choix de son code pin, capacité de bloquer son compte pour éviter de dépasser une certaine somme, possibilité de bloquer temporairement sa carte en cas de perte ou de vol etc.)…

Toute l’offre réservée aux particuliers est gratuite. Mais nous proposons un produit similaire pour les pros, notamment les associations ou petites entreprises. Par exemple, une association peut créer une page en ligne avec son IBAN pour récolter facilement les adhésions. Nous prélevons alors une commission de 1,6% sur l’encaissement réalisé sur la page de paiement.

Comme toutes les banques nous nous rémunérons aussi sur l’utilisation de la carte bancaire, avec une commission de 0,2% pour les particuliers et 1% pour les professionnels. En 2017, nous sortirons aussi une carte premium payante, avec des assurances pour les achats en ligne et les achats entre particuliers ainsi que la perte et le vol de données personnelles. Elle coûtera entre 30 et 40 euros par an. »

En septembre 2015, vous avez déjà levé 5 millions d’euros de fonds (MAIF et Dépêche du Midi), les choses vont-elles s’arrêter là ?

« Une nouvelle levée de fonds est en cours et aboutira avant la fin de l’année. Nous comptons lever entre 10 et 15 millions d’euros, pour des enjeux réglementaires notamment, car le régulateur réclame des fonds propres importants. Nous allons aussi investir dans la communication et renforcer l’équipe de cinquante à une centaine de personnes d’ici un an. »

L’objectif est d’atteindre les 100 000 clients d’ici la fin de l’année et 15 000 cartes.

Morning veut se définir avec les qualificatifs de : fraicheur, pragmatique, authentique, engagée sur le territoire, dynamique et indépendante. Une vraie profession de foi.