Un mariage de raison qui remet les compteurs à zéro.

 

La nouvelle est dorénavant officielle. C’est au 1er janvier 2017 que les communautés de communes du Volvestre et de Garonne Louge fusionneront pour le meilleur et pour le pire. Ce rapprochement avait été souhaité par les préconisations de monsieur le Préfet de la Haute Garonne dans le cadre de l ‘application de la loi « Notre ». Environ 28000 habitants répartis sur 32 communes.

Un retour aux sources

Cette fusion voulue par la Loi « Notre » revient comme un boomerang des archives de l’histoire. Il y a 10 ans lors de la création des communautés de communes imposée déjà par une Loi centrale, ces deux communautés distinctes n’ auraient du n’en faire qu’une ! Des désaccords et une mauvaise entente avaient eu raison d’une logique de territoire. Pierre Salles Sous Préfet de Muret de l’époque avait cédé à ce qui ne semblait pas être un bon accord. Du temps perdu pour le moins, des habitudes de travail qu’il va falloir entièrement revoir pour apprendre à travailler ensemble et un mode de gouvernance à repenser.

Fusion n’est pas absorption

Des confusions commencent à se répandre quant à la création de cette toute nouvelle entité. Non, ce n’est pas la grande communauté de communes du Volvestre qui absorbe la petite communauté de Garonne Louge. Ce sont deux collectivités distinctes qui fusionnent pour en former une nouvelle et tous les compteurs sont remis à zéro. Au premier janvier 2017, un nouveau bureau sera élu, des vices présidents et un président seront désignés. Monsieur le député Patrick Lemasle remettra donc son mandat en jeu et le nombre de représentants sera sensiblement modifié. Les communes moyennes comme Rieux et Montesquieu perdront 1 représentant, celles comme Carbonne 2 ou 3. Des crispations à prévoir pour les exclus des postes perdus ! Les nouvelles communes devraient revendiquer deux ou trois vices présidences.

Des transactions durant 1 an

Durant cette année à venir, les différentes parties en présence devront trouver un nouveau mode de gouvernance. Un exercice difficile puisqu’il fait appel au seul intérêt collectif. Tous les protagonistes ont un an pour se positionner clairement et faire part de leur vision qui engagera le territoire pour quelques années. Des contacts ont déjà eu lieu dans la plus grande discrétion pour éprouver les forces en présence. Monsieur le député maire Patrick Lemasle sera-t-il reconduit dans ses fonctions ou bien un autre président sortira-t-il des urnes ? Combien de vices présidents et pourquoi faire ? Tout est possible car certains élus ne cachent pas leur déception du mode de gouvernance actuelle. Un manque de concertation et des décisions qui se prennent à quelques uns en amont du conseil communautaire sont évoqués ça et là dans la plus grande discrétion. Il faut donner du sens aux actions entreprises avec ce besoin de transparence et une aspiration à plus de démocratie.

Les limites de l’exercice

Force est de constater que, pour le citoyen lambda, tout ce qui se passe à la communauté de communes est plutôt opaque. Les élus qui y siègent ne sont pas élus au suffrage universel direct mais sorti d’une liste proposée à l’occasion des élections municipales. Des élections internes en désignent les responsables. Aucun programme n’est proposé aux électeurs qui ne sont que spectateurs passifs de l’action politique. Pourtant c’est à la communauté de communes, à qui on attribue de plus en plus de compétences, que les budgets sont les plus conséquents et engagent de facto les citoyens par la perception de l’impôt. Tout erreur de gestion, de mauvais choix politique se paye comptant par l’augmentation des taxes. Un déni de démocratie car les élus qui y siègent ne sont pas responsables de leurs actes devant le peuple. Ils ne peuvent être sanctionné par des élections même s’ils commettent des erreurs. La loi « Notre » devait corriger ce non sens démocratique mais de forts lobbyings notamment d’associations de maires ont eu raison de l’article dédié qui a été retiré du projet de Loi. La peur de voir disparaître les communes et la volonté de rester une exception à la française. Dorénavant tout sera comme avant.

En attendant, une nécessité de transparence

Cette disposition démocratique reviendra un jour ou l’autre et ce quelle que soit l’alternance politique car elle va dans le sens de l’histoire. En attendant le citoyen est en attente de plus de transparence et de communication sur les actions menées en leurs noms. Nos représentants sont élus par le peuple et travaillent pour le peuple et non à la place du peuple. Le conseil communautaire ne reçoit pas un chèque en blanc pour une période de 6 ans ! Il semble donc nécessaire que des comptes rendus périodiques puissent être effectuées à intervalle régulier à l’instar ce qu’ont fait Georges Méric président du conseil départemental et Carole Delga présidente de la nouvelle grande région Sud. Des nouvelles pratiques citoyennes doivent être réfléchies et mises en place si l’on veut réconcilier les citoyens et leur représentativité dont la légitimité est souvent remise en cause actuellement.

La nouvelle communauté : Bois de la Pierre, Carbonne, Marquefave, Montaut, Montgazin, Peyssies, Saint Sulpice sur Lèze, Bax, Gensac sur Garonne, Goutevernisse, Lacaugne, Latrape, Lavelanet de Comminges, Maiholas, Rieux Volvestre, Saint Julien Sur Garonne, Salles sur Garonne, Canens, Castagnac, Gouzens, Lapeyrère, Latour, Lahitère, Massabrac, Montbrun-Bocage, Montesquieu Volvestre, Saint Christaud, Laffite Vigordane, Capens, Longages, Mauzac, Noé