Le ministère n’est toujours pas à l’écoute, tel est le constat ce vendredi matin. Au troisième jour d’actions de revendications du personnel pénitentiaire, le ministère semble vouloir « jouer le pourrissement », selon les syndicats F.O. Pénitentiaire et S.P.S. (Syndicat  pénitentiaire des surveillants).

C’est pour cela que, au centre de détention de Muret ou au centre pénitentiaire de Seysses comme dans toutes les prisons de France, les personnels expriment leur lassitude, leur épuisement, leurs inquiétudes et leur peur d’un accident mortel. Les lieux de détention sont tellement surchargés et les effectifs tellement restreints que leurs conditions de travail se complexifient.

Au centre de détention de Muret où sont censés n’y avoir que des « longues peines », il y a 25 % de détenus classés « à problème psychiatrique », ce qui provoque des échanges houleux. Certains détenus ne veulent plus sortir de leurs cellules afin d’éviter le racket et les agressions.

A Seysses, il y a 1200 détenus pour 750 places. Plus de 200 détenus couchent sur des matelas posés au sol et l’administration pénitentiaire laisse « bruisser » que l’option de 4 détenus par cellule est en réflexion. Un agent pénitentiaire est en charge d’un étage de plus de 130 prisonniers.

A cela, s’ajoutent les risques permanents d’agression et les nombreuses dérives de comportements. Interdiction de fouille corporelle à l’entrée des visiteurs au parloir, interdiction de fouille des détenus à la sortie du parloir, détenus radicalisés mélangés avec les autres, personnel féminin ne pouvant pas intervenir dans certaines cellules d’hommes, besoin réel d’un désengorgement même si des dizaines de condamnés attendent en toute liberté qu’une place se libère pour pouvoir venir purger leur peine.

Bref, pour les syndicats de personnels pénitentiaires, il n’y a eu aucune évolution et aucune volonté d’amélioration depuis les grandes grèves de 1998.

Ce vendredi matin, les gendarmes du P.S.I.G. ont délogé les manifestants mais la lutte devrait se maintenir quotidiennement jusqu’à l’ouverture d’un dialogue avec la ministre de la Justice. Il est évident que pour les syndicats, un dialogue sans écoute et sans propositions concrètes serait vain et ne pourrait que complexifier le conflit.

Suite à notre demande de renseignements, la direction de l’établissement de Seysses s’est refusée à tout commentaire, nous renvoyant sur la direction régionale.