Et maintenant ?

Ouf, ça y est, enfin! Une campagne interminable et atypique qui commençait à lasser les français. Chacun, selon ses convictions, peut maintenant tirer une leçon de ce premier tour des élections présidentielles. Elles seront bienveillantes à l’égard de ceux que l’on aime bien, sévères avec les autres surtout s’ils ont été battus.

Il y a toutefois des constantes incontournables :

– D’abord, les instituts de sondage ne sont pas trompés. Il n ‘y avait pas de votes cachés ou je ne sais quel autre artifice qui faisaient dire à ceux qui n’étaient pas en tête dans les sondages que les dés étaient pipés par je ne sais quel complot. Non, les sondages des réseaux sociaux qui donnaient un certain candidat au deuxième tour n’étaient pas fiables.

– Ensuite, pour la première fois depuis le début de la V° République, la droite et la gauche dites « traditionnelles » sont absentes du deuxième tour pour des raisons à la fois identiques et très différentes.

Identiques en ce sens où les français n’en peuvent plus de cette manière de faire de la politique et ont en marre de voir toujours les mêmes têtes.

Très différentes car, pour la droite, c’est l’obstination d’un homme marqué par les affaires à se maintenir candidat, persuadé d’être le seul capable de relever la France. Un narcissisme qui, sans nul doute, a fait perdre son camp. Les L.R. avaient pourtant un tapis rouge alternant à leurs pieds. On ne peut pas laver plus blanc que blanc sans l’exemplarité ! Serait-on revenu à la droite la plus bête du monde par le fait d’un seul homme que l’on n’a pas su renvoyer dans ses foyers sachant pertinemment que le combat était perdu d’avance s’il restait? Lâcheté ou calcul politicien ?

Pour la gauche, c’est un débat vieux de plusieurs décennies qui n’arrive pas à trancher le devenir du parti socialiste. Social démocratie ou position plus à gauche ? Ceci engendre des sources de divisions, de trahisons successives et alternantes, d’incohérences, d’ambitions personnelles démesurées. Les frondeurs d’un jour, devenus légitimistes, accusent à leur tour leur camarade d’un manque de loyauté. Une machine à perdre qui a fini avec moins de 7%. A côté de cela, Jean Luc Mélenchon qui a fait une campagne remarquable a suscité l’espoir, notamment parmi la jeunesse. Les électeurs de gauche se sentent trahis car 19,58% (Mélenchon) + 6,36% (Hamon), cela fait 25,94% et un candidat de gauche en tête du premier tour !

A bien y réfléchir, c’est donc un social démocrate qui sera, sauf accident, le prochain président de la République !

La droite et la gauche, laminées, devront se reconstruire sur des ruines fumantes et instables, des querelles internes qui n’en finissent de perdurer d’un côté comme de l’autre. Un dégout pour les français qui ne veulent plus de cela.

Pendant ce temps là, en seulement un an, Emmanuel Macron qui n’a jamais été élu est arrivé au plus haut sommet pour sa première élection. Quoiqu’on puisse penser de lui, c’est un coup de génie et une première dans la vie politique française. Cela en dit long sur l’état de l’opinion. Il dégage cette impression d’un homme jeune, dynamique, neuf qui peut faire changer les choses au moins dans la forme car le fond sera une toute autre affaire. D’aucuns risquent de déchanter peut être.

Quant au front national, il continue de progresser à chaque élection, irrémédiablement. Sauf feu d’artifice à la Trump, cela ne devrait pas être pour ce coup-ci, mais la prochaine fois …? Si l’espoir dans une nouvelle manière de faire de la politique et le renouveau que constitue Macron devait échouer, il ne resterait plus que Marine Le Pen ou, à l’opposé, la France insoumise de Mélenchon.

Nous venons de rentrer dans une nouvelle ère. Nos futurs responsables politiques devront en tenir compte en remettant le citoyen au centre des débats sinon gare !