Une nouvelle affaire mettant en cause un politique, et non des moindres, vient alimenter la chronique des «tous pourris». Il ne s’agit pas ici de savoir si Pénélope et François Fillon sont coupables des faits qui leur sont reprochés, ce sera à la Justice de répondre à cela, avec beaucoup de difficultés d’ailleurs. Comment prouver qu’une épouse travaille ou ne travaille pas dans l’ombre de son mari ? Est-ce que répondre à un téléphone est un travail pour une épouse ou un acte de la vie quotidienne? Qu’est ce qui relève du bénévolat matrimonial, qu’est ce qui relève d’un emploi à 5400 euros mensuel ? Les femmes d’agriculteurs et d’artisans ont certainement une réponse qui ne conviendraient pas à nos élites décidément hors de la réalité ! En tout état de cause, réunir les indices graves et concordants pour l’affaire Fillon sera un pari quasi impossible pour la Justice qui, faute de preuves matérielles, ne pourra se reposer que sur des témoignages forcément remis en question selon… Du scandale moral à la théorie du complot, à moins que ce ne soit la revanche de l’affaire bygmalion! Quoiqu’il en soit, cette présidentielle, décidément vraiment pas comme les autres, est entachée par cette révélation. Loin des caméras, Dominique Strauss Khan doit esquisser un sourire…

La vraie question n’est, en fait, que sur l’exemplarité que devraient afficher tous nos politiques, de droite comme de gauche, nationaux, régionaux ou locaux, tout en sachant que les hommes restent des hommes. Même si, dans le cas Fillon, il n’y aurait pas d’infractions à la loi pénale, il y a, dans tous les cas, infraction à la Loi morale. Comment peuvent réagir des citoyens qui ont du mal à joindre les deux bouts lorsqu’ils entendent qu’une épouse de député, ou sénateur, a reçu plus de 500 000 euros d’argent public pour un travail d’assistante parlementaire dont les contours sont indéfinissables. C’est surréaliste. Comment ces mêmes gens peuvent-ils accepter que cette même personne semble avoir perçu une somme de 100 000 euros pour avoir rédigé 2 notes de 2500 caractères, et de plus sous un pseudo? En comparaison, un correspondant de presse locale perçoit environ 50 euros pour le même travail selon les journaux employeurs…!

Comme nombre de personnalités politiques, monsieur Fillon, qui a d’ailleurs eu le tort de clamer haut et fort qu’il lave plus blanc que blanc, vit dans un système en vase clos depuis de trop nombreuses années. Qu’il soit de droite ou de gauche, l’entre-soi politique est un poison qui gangrène notre société. Etre élu ne relève plus d’un engagement pour une période déterminée au profit de ses concitoyens, il relève de la notion de carrière et de métier qui dure et perdure encore et toujours. On a toujours une bonne raison de se représenter à une élection, soit par qu’on se sent indispensable, soit parce que l’entourage vous le clame haut et fort. Aucun gouvernement n’a eu le courage de limiter tous les mandats à deux exercices consécutifs, aucun gouvernement n’a eu le courage de diminuer le nombre de députés et de sénateurs pourtant ô combien nombreux si l’on se réfère par exemple aux Etats-Unis. Le système se protège car ceux qui en vivent n’ont aucune raison de se tirer une balle dans le pied.

Au coup par coup et au fil des scandales révélés par la presse, nous avons droit à une loi de moralisation de la vie politique. Ce fut le cas dernièrement lors de l’affaire Cahuzac. Peut-être, dans les prochains mois, on en rédigera une autre, suite à l’affaire Fillon? Le reproche vient du coup par coup au détriment d’une réflexion globale menée de concert par l’ensemble de la classe politique à laquelle, d’ailleurs, on pourrait associer un collectif de citoyens pour être sûr que… Au fil des années, l’abstention n’a fait que croitre et le vote aux extrêmes s’amplifier. Nos élus montrent le peuple du doigt pour ses déviances électoralistes, le culpabilisant par le fait que des hommes et des femmes sont morts pour le droit de vote et la démocratie, mais ils oublient de se retourner et de se regarder dans une glace ! Ton pire ennemi c’est toi-même pourraient-ils se dire en voyant leur visage dans le miroir ! Comme les policiers, les gendarmes, les magistrats pour ne citer qu’eux, les élus ont le devoir d’être irréprochables. En cas de faute pénale, morale ou déontologique, ils doivent être lourdement sanctionnés et être inéligible à vie. Alors, peut-être, le peuple retrouvera-t-il confiance dans les élites et la représentativité.

Pour éviter la globalisation qui est inacceptable, pour éviter le «tous pourris» qui ne l’est pas moins, il faut que le système se réforme, forcé par celles et ceux qui ont encore les mains propres. On sera attentif aux propositions des candidats à la présidence et à la députation. Trop c’est trop!