Saint-Gaudens: la manifestation intersyndicale a rassemblé les commingeois dans le calme

Saint-Gaudens, manifestants place du Maréchal Juin, devant la sous-préfecture, jeudi 5 novembre 2026, 12h00.

La manifestation nationale intersyndicale et interprofessionnelle pour les salaires, les services publics et l’industrie, ce jeudi 5 novembre 2026, a eu dans la matinée sa déclinaison commingeoise à Saint-Gaudens.

Les manifestants étaient 650 selon la police, 900 à 1000 selon les syndicats. Ces derniers ont entrainé la foule derrière leurs oriflammes, celles de la CGT, de la CFDT, des Solidaires, de Sud Rail, de la FSU (Fédération Syndicale unitaire pour la fonction publique), et aussi celle des écologistes.

Une manifestation lancée tambour battant par la fanfare commingeoise La Gouache, après que l’intersyndicale organisatrice ait donné le top départ. La colonne est partie tranquillement de la place du Pilat vers 10h30 pour arriver devant la sous-préfecture vers 12h00, après avoir fait une halte avenue Gaston Phoebus, avec l’usine de la Cellulose en toile de fond, pour une prise de parole de la CGT sur la situation des salariés de Fibre Excellence. Ils seront très probablement licenciés prochainement, dans le contexte cependant d’un projet toujours porteur d’espoir, ébauché par un industriel portugais. Mais il ne pourrait être concrétisé avant plusieurs mois: «les pouvoirs publics doivent tout faire pour accompagner un projet sérieux de développement de l’activité» a déclaré le représentant de la CGT qui a insisté: «l’emploi industriel doit être favorisé, protégé, ancré dans nos territoires. L’usine de la Cellulose (est) le symbole de notre combat pour l’industrie et l’emploi. Un pays qui ne produit plus ne maitrise plus rien».

Les prises de parole de la CGT, de la FSU, des Solidaires, de la CFDT se sont rejointes sur des revendications communes relatives au pouvoir d’achat, à l’augmentation des revenus, à la revalorisation des pensions, à la justice fiscale, aux services publics, au soutien de la jeunesse mobilisée depuis des semaines… «Que reste-t-il de notre pacte républicain quand l’hôpital public craque de toutes parts? Que reste-t-il quand l’école publique manque de professeurs, de moyens matériels? Que reste-t-il des transports publics, de la Poste, de la sécurité sociale?» s’est alarmé l’intervenant de la CGT.

L’association «Femmes de papier» est intervenue pour s’inquiéter et dénoncer les difficultés, voire l’abandon, du monde associatif. Le collectif «Camp des femmes» a alerté sur la situation des «femmes victimes de violences conjugales, seules ou avec leurs enfants, sans solution d’hébergement sûre et pérenne»…

Deux lycéennes, Lucie et Yuna, sont intervenues pour lire ce message: «nous sommes venues ici habillées en Hello Kitty. Ça peut faire rire. Ça peut paraitre ridicule. Mais derrière nos nœuds roses et nos petites oreilles, il y a des personnes qui ont des choses à dire, des choses à défendre, et surtout une voix. On nous dit parfois que nous sommes trop jeunes, trop naïves, trop petites pour comprendre le monde. Mais être jeune ne veut pas dire être aveugle. Nous voyons ce qui ne va pas. Nous entendons ce qui fait mal. Et nous avons le droit d’espérer mieux. Alors oui, aujourd’hui nous sommes Hello Kitty, mais demain nous espérons être celles qui auront changé quelque chose. Parce qu’une voix n’a pas besoin d’être grande pour être entendue, nous vous parlons aujourd’hui avec la voix d’une génération qui réclame son avenir. La jeunesse ne demande pas un monde parfait, elle demande un futur stable».

En tout début d’après midi, les manifestants saint-gaudinois et commingeois se sont dispersés, comme ils ont défilé, à visage découvert et dans le calme. En espérant être entendus, comme Lucie et Yuna, avec tous ceux qui ont défilé ce jeudi 5 novembre 2026, partout en France.

 

Saint-Gaudens, manifestants place du Maréchal Juin, devant la sous-préfecture, jeudi 5 novembre 2026, 12h00.
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