Les prix des carburants continuent de peser sur le pouvoir d’achat des Français, avec un prix moyen de l’essence de 2,23 €/litre. Une question se pose alors : combien peut-on réellement économiser en roulant à l’électrique plutôt qu’à l’essence ? Et surtout, ces économies sont-elles aussi intéressantes pour un automobiliste qui parcourt 5 000 kilomètres par an que pour celui qui en parcourt 30 000 ?
Pour y répondre, Le Plein, réseau français de stations-service électriques, a réalisé une simulation comparative des dépenses énergétiques de trois profils d’automobilistes : les petits, moyens et gros rouleurs. Il en ressort que les économies potentielles dépassent 450 € par an pour les petits rouleurs et peuvent atteindre près de 2 800 € pour ceux qui parcourent 30 000 kilomètres par an. Des économies auxquelles peuvent également s’ajouter des frais d’entretien moins élevés.
Pour établir cette comparaison, Le Plein s’est appuyé sur une consommation de 6 litres aux 100 kilomètres pour une voiture essence et de 17 kWh aux 100 kilomètres pour une voiture électrique. Le prix de l’essence retenu est de 2,23 €/litre, calculé à partir des tarifs SP95-E10 et SP98-E5. Pour l’électricité, la simulation repose sur un tarif de 0,25 €/kWh.

Simulation indicative, montants arrondis à l’euro. Calculs effectués sur les valeurs non arrondies. Comparaison portant exclusivement sur les dépenses d’énergie, hors coût d’achat du véhicule, entretien, assurance, dépréciation et autres frais. Le tarif électrique retenu est une hypothèse de calcul et ne constitue pas un prix moyen constaté sur l’ensemble des bornes publiques.
Si l’électrique permet de réduire la facture énergétique dès les premiers kilomètres, c’est pour les automobilistes qui roulent le plus que les économies deviennent particulièrement significatives.
Pour un petit rouleur parcourant 5 000 kilomètres par an, l’économie potentielle atteint déjà près de 460 €, soit 38 € par mois. Pour un automobiliste effectuant 15 000 kilomètres par an, notamment dans le cadre de ses trajets domicile-travail, elle grimpe à près de 1 370 €, soit 114 € par mois.
Mais l’écart est encore plus spectaculaire pour les gros rouleurs. À raison de 30 000 kilomètres parcourus chaque année, la facture d’essence peut dépasser 4 000 €, contre 1 275 € pour l’électricité. Une différence de près de 2 740 € par an, soit 228 € économisés chaque mois.
Au-delà du kilométrage, cette comparaison illustre également un autre enseignement : avec les hypothèses retenues, parcourir 100 kilomètres coûte environ 13,38 € en essence, contre seulement 4,25 € en électrique.
Si les économies réalisées sur l’énergie sont importantes, elles ne constituent pas le seul avantage financier de la voiture électrique. Son entretien peut également être moins coûteux que celui d’un véhicule thermique, grâce à une mécanique plus simple et à un nombre réduit de pièces soumises à l’usure.
Contrairement à un moteur essence, un moteur électrique ne nécessite ni vidange d’huile moteur, ni remplacement de bougies d’allumage, de courroie de distribution ou de filtres à huile. Les opérations de maintenance courante sont donc généralement moins nombreuses.
Autre source d’économies : les plaquettes et disques de frein peuvent s’user moins rapidement, grâce au freinage régénératif, qui permet de ralentir le véhicule tout en récupérant une partie de l’énergie.
Enfin, si la batterie représente un composant coûteux, elle ne nécessite pas les mêmes opérations d’entretien qu’un moteur thermique. Sa durée de vie dépend toutefois de nombreux facteurs, notamment de son utilisation, de ses conditions de recharge et de son vieillissement. Un remplacement éventuel peut représenter une dépense importante, mais il ne constitue pas une opération d’entretien systématique à un kilométrage donné.
Ainsi, aux économies réalisées chaque année sur la recharge peuvent s’ajouter des centaines d’euros d’économies sur l’entretien à long terme, selon le modèle du véhicule, son âge et son utilisation.
Si le nombre de kilomètres parcourus détermine le montant total des économies, le prix du kilowattheure joue lui aussi un rôle essentiel. En effet, les tarifs de recharge peuvent varier sensiblement selon que l’automobiliste branche son véhicule à domicile, sur une borne rapide d’autoroute ou sur le parking d’un commerce. Pour les conducteurs ne disposant pas de solution de recharge à domicile, le choix de la station devient donc un véritable enjeu de pouvoir d’achat.
C’est dans cette logique que se développe la recharge dite « à destination », qui consiste à recharger son véhicule pendant une activité du quotidien : faire ses courses, se rendre dans un centre commercial ou profiter d’un service de proximité.
« Lorsqu’on parle du coût de la voiture, on pense immédiatement au prix d’achat, mais beaucoup moins au budget consacré chaque année à l’énergie et à l’entretien. Pourtant, pour un automobiliste qui parcourt 30 000 kilomètres par an, la différence entre essence et électrique peut représenter plusieurs milliers d’euros. Et ce calcul ne prend même pas en compte les économies potentielles sur l’entretien, grâce à une mécanique plus simple et moins de pièces d’usure. Mais pour que ces avantages profitent au plus grand nombre, encore faut-il pouvoir accéder à une recharge simple, accessible et à un prix compétitif. C’est tout l’intérêt de développer des stations de recharge sur les lieux du quotidien, notamment les parkings des commerces : permettre aux automobilistes de recharger pendant qu’ils font leurs courses, sans bouleverser leurs habitudes », explique Julius Dewavrin, Directeur Général de Le Plein.
Alors que de nombreux Français ne disposent pas d’un garage ou d’une place de stationnement privative leur permettant d’installer une borne à domicile, le développement des infrastructures de recharge dans les lieux de vie représente un enjeu majeur pour démocratiser la mobilité électrique.






