Une toute première injection de cellules souches mésenchymateuses d’origine adipeuse a été administrée à 3 patients atteints de la maladie d’Alzheimer. C’est une étape importante pour valider l’approche thérapeutique innovante du projet de recherche A3D, porté par le Pr Julien Delrieu avec les toulousains de Cell Easy et dans le cadre de l’IHU HealthAge.
Un test inédit à l’échelle européenne
Les cellules souches sont généralement associées à un stade embryonnaire, avec des cellules qui ne sont pas encore différenciées ou qui n’ont pas de rôle attitré. La réalité est bien différente puisqu’une une cellule souche mésenchymateuse peut provenir d’un tissu adipeux de donneur sain et être mise en culture pour constituer une véritable banque de cellules souches.
En Europe, seule la société toulousaine Cell Easy détient un agrément pour produire ce type de cellules souches, en lien étroit avec le CHU de Toulouse et en visant différentes applications thérapeutiques innovantes.
Ici, c’est le potentiel anti inflammatoire des cellules souches et leur action sur les plaques amyloïdes au niveau du cerveau qui sont testés, une approche qui a déjà donné des résultats encourageants sous d’autres formes.
Des résultats attendus pour fin 2028
Le premier objectif de cette phase de test d’évaluer la tolérance au traitement – qui s’effectue par une simple injection intraveineuse unique – et d’identifier ses éventuels effets indésirables. Le second objectif est d’observer une baisse des marqueurs d’inflammation et du volume du cerveau, c’est à dire l’efficacité du traitement en soi, et de l’accompagner de tests cognitifs.
Les résultats sont attendus sous 18 mois et, s’ils sont concluants, ils permettront d’élargir le test sur une plus grande échelle. Ce projet de recherche est mené avec le Centre d’investigation clinique (CIC) module biothérapies du CHU ainsi que les laboratoires CERPOP et RESTORE.
« Cette recherche s’inscrit dans la logique de « géroprotection » portée par l’IHU . Nous travaillons sur les piliers biologiques du vieillissement pour agir directement sur le vieillissement, le retarder ou réduire ses effets. Ici l’objectif est de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, voire de stopper et stabiliser la dégénérescence.»
« Sur la maladie d’Alzheimer il y a récemment eu deux études positives pour les traitements anti-amyloïdes avec les anticorps monoclonaux. Mais les avis sur leur efficacité divergent en Europe. Nous pensons qu’avec notre type de traitement nous pouvons avoir un résultat plus marqué sur la pathologie amyloïde mais aussi sur d’autres mécanismes impliqués dans la maladie d’Alzheimer et le vieillissement comme l’inflammation. »
Pr Julien Delrieu, neurologue au CHU de Toulouse.
Quelques chiffres
Entre 1,3 et 1,4 million de Français pourraient être atteints par la maladie d’Alzheimer en 2030.
1/3 des résidents d’EHPAD étaient affectés par cette maladie en 2019, soit 261.000 résidents d’EHPAD en France.
Sources : SPF, DREES






