Saint-Julien-sur-Garonne : le projet d’un méthaniseur qui fait polémique

Les habitants voulaient savoir
Les habitants voulaient savoir

Les habitants de Saint-Julien-sur-Garonne se montrent  très réticents à l’arrivée d’un méthaniseur. Un débat animé avec les porteurs du projet

Ces derniers jours, les réseaux sociaux se sont enflammés à propos de l’installation d’un méthaniseur, juste en périphérie du centre-bourg de Saint-Julien-sur-Garonne. Propos parfois durs, menaces : bref, tout ce qui caractérise souvent ce type de canaux d’information.

Face à ce déchaînement, Patrick Lefebvre et son conseil municipal ont décidé d’organiser une réunion publique à destination des habitants de la commune. D’abord annoncés absents, les porteurs du projet étaient finalement présents afin de répondre aux questions légitimes que se posent les habitants de Saint-Julien. Il s’agit du GAEC du Bergé, basé à Gensac-sur-Garonne, constitué exclusivement de la famille Devic : Jérôme, Jean-Benoît et Jean-Marc. Ils étaient assistés par un représentant de la Chambre d’agriculture.

Dans ses propos liminaires, Patrick Lefebvre a recadré le débat en précisant que, si un échange républicain est une nécessité, il n’y a pas de place pour la passion et la déraison. Avant de faire circuler la parole, il a rappelé deux points:

D’abord, s’il existe bien un projet d’installation d’un méthaniseur agricole, celui-ci n’est pas encore dans sa phase exécutoire : aucun permis de construire n’a été déposé à ce jour. Il a également rappelé que, s’agissant d’un site classé, le permis de construire dépend exclusivement du préfet.

Ensuite, le maire a précisé que le conseil municipal avait débattu et s’était prononcé majoritairement contre, pour deux motifs essentiels : l’emplacement choisi n’est pas jugé adapté, et la surface du projet (un hectare et demi) pourrait être préjudiciable aux habitants dans le cadre de l’application du nouveau SCOT, qui régira les permis de construire dans les prochaines années. Malgré de nombreuses demandes de Patrick Lefebvre, les services de l’État n’ont pas su préciser s’il y aurait une imputation sur les surfaces constructibles du fait de ce projet.

La première question a donné le ton : pourquoi avoir choisi Saint-Julien alors que l’exploitation principale est à Gensac-sur-Garonne, et quels seraient les avantages et les inconvénients de ce projet pour les habitants de Saint-Julien ?

Jérôme Devic a expliqué, en substance, que l’implantation à Gensac-sur-Garonne avait été envisagée en premier, car plus pratique, mais qu’elle s’était révélée impossible dès les premières études, notamment en raison des axes routiers. Le choix s’est donc porté sur Saint-Julien, sur des terres agricoles leur appartenant, qui se trouvaient à l’épicentre en ce qui concerne la problématique des transports. Personne n’ayant souhaité vendre de parcelle ailleurs, cette localisation a été retenue.

Concernant les avantages pour les habitants de Saint-Julien, il a été indiqué par Jérôme Devic qu’ils résideraient dans le fait de contribuer au maintien d’une agriculture locale, permettant à des agriculteurs de vivre de leur métier et de rester sur le territoire. Cette réponse étant apparue surprenante a déclenché quelques sourires dans l’assistance. Quant aux inconvénients, il a été reconnu que le trafic des poids lourds passant en périphérie du centre-bourg constitue une source de nuisances, que les porteurs de projet disent vouloir maîtriser au maximum. La création d’une voie de circulation entre la départementale et le site d’exploitation a été évoquée afin d’y contribuer!

Un débat technique s’est ensuite installé entre les participants. Les porteurs du projet ont défendu le bien-fondé du dispositif et affirmé une absence de nuisances, présentant un projet agricole et non industriel. En face, le public, majoritairement opposé, a exprimé une défiance marquée : à tort ou à raison, leurs questions et affirmations traduisaient un manque de confiance dans les réponses apportées. Le dialogue s’est révélé compliqué, en grande partie fondé sur la méfiance.

Les porteurs du projet ont invité les participants, ainsi que les élus de Saint-Julien-sur-Garonne, à aller visiter un méthaniseur agricole en fonctionnement. Affaire à suivre donc.

À noter que le projet porte sur 9 320 tonnes traitées, auxquelles s’ajoutent 319 tonnes de pailles diverses et 1 300 tonnes de fumier provenant de la ferme, soit un total de 10 939 tonnes par an.

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