Il y avait foule, et la salle du Bois de Castres était quasi comble pour venir écouter et voir ce qu’avait à dire et à démontrer la liste « Carbonne Autrement ».
Une soirée très bien organisée, qui s’est déroulée en deux parties. Il y avait de la pédagogie dans l’air, sans aucun doute, et des électeurs aux profils disparates se montraient intéressés pour comprendre.
La liste « Carbonne Autrement » propose un exercice démocratique pour les élections municipales en avançant une manière très différente de conduire les affaires de la ville : ce que j’appelle la pyramide inversée.
Là où:
La liste conduite par Marie-Caroline Tempesta, « Carbonne avec vous », s’inscrit dans un schéma traditionnel de la démocratie telle qu’elle se pratique en France, avec une notion de représentativité des élus. Le principe est le suivant : à partir d’un programme élaboré en consultation avec les habitants de Carbonne, ceux-ci chargent les élus, à qui ils ont accordé leur vote et leur confiance, de l’appliquer et de gérer, en leur nom, les affaires de la ville, avec un compte rendu périodique de ce qui a été réalisé, le tout reposant sur une forte expérience de gestion.
Celle de:
Conduite par Stéphane Lebrun et Marine Ducros, la liste Carbonne Autrement a fait un tout autre choix. Il veut s’inscrire dans l’innovation tout en respectant ce qui a été fait par l’équipe sortante. De manière schématique, tout part des habitants de Carbonne, qui élaborent le programme (pour ceux qui participent) et qui est mis en œuvre par une équipe municipale en se basant sur le principe de la participation citoyenne. La participation citoyenne est une pratique qui consiste tout simplement à donner la parole aux citoyens. Concrètement, il s’agit principalement d’une collectivité (région, département ou ville) qui choisit d’inclure, dans ses décisions, les citoyens de son territoire.

Ce principe, très novateur au niveau municipal, demande de la pédagogie explicative : c’est ce à quoi s’est évertuée « Carbonne Autrement » lundi soir. Il est extrêmement peu utilisé par les mairies, même s’il existe dans certaines communes, avec des résultats disparates et intéressants à étudier.
Est-ce un phénomène de néophobie qui va jouer (du grec neo = nouveau et phobein = craindre, éviter — est la peur de tout ce qui est nouveau ou inconnu) ou une adhésion après démonstration de l’intérêt de cette méthode ? Réponse par les électeurs fin mars!
En ce qui concerne les programmes, quitte à déplaire, il n’y a pas de différences majeures : les thèmes sont identiques, et tous les candidats sont pour plus de sécurité, plus de santé, plus de solidarité, plus d’infrastructures, plus de culture, plus de social, plus de participation citoyenne, plus d’écologie, plus de tout… Ces objectifs figurent dans chacun des programmes, avec des variantes de mise en œuvre. Mais est ce que la restriction des finances pour les six années à venir, dû notamment à des baisses conséquentes des subventions et dotations, permettra de faire rêver tous les carbonnais et carbonnaises et de réaliser un nombre inconsidérable de projets structurants. Quelle sera la bonne priorité ?
Expérience dans la pure tradition démocratique ou innovation se voulant « respirante » : tel sera peut-être l’enjeu de cette élection municipale à Carbonne!
Tant qu’à la troisième liste dont on parle beaucoup elle n’est pour l’instant qu’un mirage à quelques encablures à peine des élections!








