Ce vendredi 20 mars 2026, le premier conseil municipal de la nouvelle mandature a entériné la réélection sans surprise de Jean-Yves Duclos pour un troisième mandat de maire de Saint-Gaudens.
Au sein d’un conseil qui comprend 33 membres, dont 4 du Rassemblement National (RN) et 2 de Gauche et Écologiste, Jean-Yves Duclos a obtenu 28 voix, et Loïc Delchard (RN) 4 voix. Auxquelles il faut ajouter un vote blanc. A l’issue d’un second scrutin, les 9 maires adjoints de la mandature 2020-2026 ont été reconduits pour la période 2026-2032 (27 bulletins pour, 6 bulletins blancs).
Cette séance inaugurale a été marquée par une nouveauté, la présence des représentants du RN au sein du conseil municipal saint-gaudinois.
Les représentants des deux minorités présentes, le RN et la liste de Gauche et Ecologiste, ont fait à tour de rôle une intervention très politique.
Françoise Poujardieu au nom de la liste de Gauche et Écologiste a ainsi déclaré «durant ce mandat, nous défendrons les valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité et son principe de laïcité. Nous interviendrons selon nos attachements citoyens et populaires, justice sociale, écologie, féminisme, diversité, solidarité, démocratie partagée, lutte contre l’extrême droite. Nous ferons entendre notre voix pour une alternative à l’extrême droite dont nous déplorons l’arrivée au sein du conseil municipal, un fait très préoccupant dans la ruralité en France».
Loïc Delchard pour le Rassemblement National a assuré les électeurs saint-gaudinois qui ont voté pour sa liste qu’ils peuvent compter sur ses 4 représentants: «nous ne les décevrons pas. Si l’élection de Monsieur Duclos ne fait aucun doute, l’abstention doit appeler l’attention du conseil municipal à l’humilité. Avec une telle abstention, nous sommes tous collectivement mal élus. Le 15 mars, la majorité a été élue par seulement 3 électeurs sur 10. Dans ces conditions, la vie politique doit prendre un nouveau tournant et permettre une expression plus large et plus régulière des Saint-Gaudinois ». S’adressant à la majorité, élue avec 2 407 voix (58,11 des suffrages exprimés), il a poursuivi «si vos décisions servent l’intérêt général nous vous soutiendrons sans détours et sans conditions, mais si nous estimons que votre politique nuit aux Saint-Gaudinois, sert une idéologie ou des intérêts personnels, alors vous nous trouverez face à vous».
Jean-Yves Duclos, dans le droit fil de son engagement de campagne «hors clivages politiques», a assuré que «l’objectif est de travailler de manière unie et efficace pour faire avancer les projets. Nous ferons en sorte de pouvoir associer les deux minorités aux différentes tâches concernant le fonctionnement de l’institution. Je tiens à travailler aussi de manière efficace avec nos partenaires financeurs, l’État, la Région et sa présidente Carole Delga, le conseil départemental et son président Sébastien Vincini, l’intercommunalité et Magali Gasto-Oustric». Il a évoqué la redynamisation du centre-ville, le «rôle majeur de l’intercommunalité» dans la réalisation des projets communaux en raison de ses compétences en matière économique et sociale. 25 conseillers saint-gaudinois dont 3 du RN et 2 de la gauche écologiste seront membres du conseil communautaire qui sera installé au mois d’avril.
«Nous aurons aussi à poursuivre la défense de l’usine Fibre Excellence, a continué Jean-Yves Duclos. Il faudra faire en sorte d’être très nombreux lors de la prochaine manifestation pour sauver cette usine, un dossier essentiel pour le sud du département. Essentiel pour la sauvegarde des 350 emplois directs et 5 000 emplois indirects, et aussi en termes de retombées fiscales directes pour la commune et la communauté de communes: nous percevons des sommes importantes pour la taxe foncière de la ville et au titre de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises), pour l’intercommunalité».
Un sujet d’autant plus sensible sur le plan financier pour Saint-Gaudens que l’État a annoncé une baisse de 100 000 € du reversement à la commune des recettes fiscales liées à la taxe foncière des locaux industriels; «en même temps, l’État continue d’augmenter les taux de cotisations patronales, ce qui occasionne une augmentation de charges de 100 000 € en 2026 par rapport à 2025».
Une mise en perspective de la fiscalité et des finances communales qui fera l’objet de développements lors des prochain conseils municipaux, le lundi 30 mars avec au programme le débat d’orientation budgétaire 2026, puis mi-avril avec le vote du budget et le vote relatif au taux d’imposition: «nous proposerons à l’assemblée délibérante, comme nous nous y sommes engagés, de stabiliser en 2026 le taux d’imposition pour la onzième année consécutive».










