Depuis quelques jours, la campagne électorale qui se déroule à l’occasion des élections municipales de mars s’agite quelque peu à Carbonne. Quelques banderilles de ci, de là, il faut bien exister d’une manière ou d’une autre.
Marie-Caroline Tempesta, 1re adjointe sortante et tête de liste de « Carbonne avec vous », est au travail avec ses colistiers, avec lesquels elle a construit son programme, établi pour la continuité des six ans à venir.
Peut-on dire que vous êtes la force tranquille au travail ?
« Carbonne avec vous » est la liste qui incarne la continuité de celle du mandat précédent et qui en assume pleinement le bilan, que ce soit dans le sérieux de la gestion financière ou logistique, ou dans le choix politique des investissements structurants effectués. Je connais parfaitement, et dans le moindre détail, toute la problématique de notre commune et ses perspectives d’avenir, conciliables avec un budget restreint.
Vous êtes allée à la rencontre des Carbonnais et des Carbonnaises ?
Avant toute chose, cela ne fait pas que quelques mois mais six ans que nous sommes en contact avec les Carbonnais et les Carbonnaises, et nous connaissons leurs aspirations, parfois très disparates selon à qui l’on s’adresse. Pour les rencontres citons, à titre d’exemple, le milieu associatif et son planificateur, le conseil des aînés, les commissions extra-municipales comme celle du handicap, par exemple, des contacts directs et d’autres manières très éclectiques et disparates.
Pendant la campagne, cette rencontre s’est concrétisée par une présence sur le marché, dans les bars de la ville, par des réunions de quartier et du porte-à-porte, comme il se fait partout et par toutes les listes candidates de notre France rurale profonde.
Faire une synthèse des désidératas d’une population n’est pas toujours simple et c’est à nous d’en dégager ce qui en représente l’intérêt général, dans le cadre de la notion de représentativité si chère à notre démocratie. Les citoyens auraient sans nul doute beaucoup de mal à le faire eux-mêmes, à cause des intérêts divergents. Ce sont donc les choix politiques, au sens premier du terme, qui doivent effectuer ce travail. Il ne faut pas leurrer les électeurs, qui élisent un conseil municipal pour cela.
Le mot « participation citoyenne » est le grand mot à la mode, ou parfois « démocratie directe ». Notre façon d’agir est une tout simplement une participation citoyenne, même si je n’emploie pas ce mot passe-partout, comme il peut l’être dans un autre domaine social : « le vivre ensemble ». Posons-nous la question de certaines affirmations : au fond, combien de citoyens ont-ils réellement été consultés ? Selon quelle méthode ? Sur quels critères les propositions recueillies ont-elles été retenues ou écartées ?
Sur les réseaux sociaux, par la presse ou d’autres moyens, la liste Carbonne Autrement veut absolument avoir un débat public des trois listes. Y êtes-vous favorable ?
Effectivement, la tête de liste Stéphan Lebrun n’a de cesse de demander un débat des trois listes, soit 90 candidats, sous couvert, selon ce qu’il affirme, d’un exercice démocratique. Je ne suis pas naïve quant aux motifs non dits qui se cachent derrière. Sur le principe théorique, je n’y suis pas opposée. Quant à sa réalisation, c’est tout à fait autre chose et cela ne présente pas grand intérêt, voire aucun. Regardez les débats auxquels nous assistons tous à la radio ou à la télévision : de la cacophonie, des invectives insupportables, des gens qui se coupent la parole sans attendre d’écouter celui qui parle, des attaques personnelles aussi, parfois. Débattre sur comment faire différemment de la politique, changer la méthode ou la forme, cheval de bataille des deux listes challengers, ne présente aucun intérêt à mes yeux. Quant au programme, tant qu’il n’est pas chiffré avec exactitude pour en assurer la faisabilité, cela reste des intentions. Les électeurs sont des citoyens responsables qui ont accès à une multitude de moyens d’information ; ils sauront faire le choix, ne les sous-estimons pas. Là où l’on m’oppose une autre manière de faire de la démocratie, je revendique la force tranquille dans le travail et une expérience indispensable et nécessaire pour mener à bien la gestion de la commune. Quant à la passion, l’amour de Carbonne, le sérieux, l’exemplarité, ils ne sont le monopole d’aucuns, et je n’ai aucune leçon à recevoir de personne ; j’invite mes concurrents, qui ne sont pas des ennemis, à faire preuve d’humilité.
Cela fait trente ans que, dans l’ombre, sans prendre la lumière à qui que ce soit et pour quoi que ce soit, j’ai consacré ma vie à Carbonne. Je sers Carbonne, les Carbonnaises et les Carbonnais dont je fais partie intégrante, dans l’humilité, moi, la fille de paysans, qui, grâce à l’école publique, ai pu obtenir un doctorat de biologie moléculaire. Accompagnée par des colistiers de grande qualité, je suis prête à sortir de l’ombre, à laquelle je m’étais contrainte par devoir, et, selon les suffrages, à devenir la première femme maire de notre chère commune de Carbonne.








