Marignac: l’écho du passé avec Michel Delagrange et son texte «Meurtre d’usine dans les Pyrénées»

Premier rang (g. à dr.): Joseph Benkemoun, Philippe Durey, Sylvie Salaun, Nicolas Simon, José Ameida. Second rang: Lomé Hybertie, Michel Delagrange.

«Meurtre d’usine dans les Pyrénées», c’est le titre d’un texte dont l’auteur  Michel Delagrange  a lu des extraits à la salle des fêtes de Marignac, accompagné à la harpe par sa petite-fille de 14 ans Lomé Hybertie.

C’était ce vendredi 6 février 2026, en toute fin d’après-midi, lors d’une soirée spectacle-débat organisée par Sylvie Salaun et José Almeida, co-organisateurs et membres de L’Après.

Michel Delagrange et Lomé Hybertie ont donné de la vigueur et de la densité à un texte tour à tour émouvant, désabusé, abrasif. Ils ont ravivé les souvenirs, les interrogations, les incompréhensions, les angoisses des 250 salariés  qui ont vécu la fermeture de l’usine de Marignac, en 2001. Que sont-ils devenus,  les employés de ces années là, si proches, et pourtant si lointaines ?… Ils étaient très peu nombreux parmi les trente-cinq personnes présentes, ce vendredi soir dans la salle des fêtes de Marignac.

Ce petit nombre de spectateurs jurait avec celui des 1500 personnes qui avaient manifesté une semaine plus tôt dans les rues de Saint-Gaudens. Comme s’il n’y avait aucun lien entre les deux époques. Comme si ce n’étaient pas les affres de 2001 qui menacent encore en 2026 avec la possible fermeture de l’usine Fibre Excellence à la lisière de la «capitale du Comminges».

Comme à Marignac en 2001, le PDG de la SEBSO auquel appartient l’usine de Saint-Gaudens est venu sur site annoncer la fermeture ; comme à Marignac en 2001 quand l’usine était la seule productrice de magnésium en Europe, celle de Saint-Gaudens est l’unique productrice de pâte à papier en France (avec son homologue de Tarascon du même groupe) ; comme à Marignac en 2001, les raisons économiques sont avancées, et 270 emplois sont menacés…

Carole Delga présidente Région, Sébastien Vincini président du Département, Joël Aviragnet député du Comminges, Magali Gasto-Oustric présidente de la Communauté de communes; Jean-Yves Duclos, maire de Saint-Gaudens ont envoyé un courrier au Premier ministre d’un État dont Lionel Jospin disait déjà en 1999 qu’il ne fallait pas tout attendre…

Ces élus ont écrit «La disparition de ces sites (à Saint-Gaudens et Tarascon) signifierait la perte des derniers outils français de production de pâte à papier, affaiblissant durablement notre souveraineté industrielle. C’est aussi une crise sociale majeure qui se profile». Les terrifiants pépins de la réalité qui ressurgissent aujourd’hui. Avec le texte, les mots et le verbe de Michel Delagrange, comme un écho venu d’un passé encore récent mais trop oublié.

 

Lomé Hybertie et Michel Delagrange.

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