C’est à l’initiative d’Éric Miquel, maire de Montréjeau, que s’est déroulé lundi 28 janvier le « grand débat », préconisé par le gouvernement. «Je vais mener ce débat, mais sans prendre parti », déclare en préambule le maire. « Je souhaite que ce débat soit national et non local ». Un débat marathon qui a duré près de trois heures.

 L’auditorium de l’Hôtel de Lassus était quasi complet avec une majorité de Gilets Jaunes. Eric Miquel était entouré de plusieurs adjoints et conseillers municipaux.

Débat passionnant et passionné avec quelques 50 questions, remarques ou suggestions, notées par le maire. Ces dernières seront, après mise en forme, transmises au Préfet de Région. Après, que deviendront-elles, c’est l’inconnu. Beaucoup de débatteurs pensent qu’elles n’iront pas beaucoup plus loin. Quelques accrochages notamment lorsqu’un des Gilets Jaunes prône la révolution. Il est vertement fustigé par une personne du public.

Quatre thèmes étaient à l’ordre du jour : la transition écologique – fiscalité et dépenses publiques – citoyenneté – organisation de l’Etat et services publics.

Si tout le monde s’accorde pour faire des économies, tous également pensent que les réponses de l’Etat sont à côté de la plaque, avec la fermeture des écoles, des bureaux de poste, etc. « Que l’Etat commence à faire des économies en baissant le salaire des ministres et les indemnités des députés. Par contre, augmentons les indemnités des « élus de base et redonnons-leur du pouvoir ».

Il est question du « recyclage des élus ». Ainsi, le haut-commissaire à la réforme des retraites aurait 72 ans et cumulerait déjà plusieurs pensions. Où est l’équité ?

Vote blanc non reconnu, proportionnelle doivent être revus.

Tous sont scandalisés par la hausse de la CSG pour les retraités. Ajouter à cela les retraites qui ne suivent pas l’inflation, cela fait, d’après un débatteur, une perte au 1er janvier de cette année de 3,2%. « On dirait qu’on a volé l’argent qu’on a gagné ! »

« La crise, ce n’est pas de notre fait, mais celui des grands groupes financiers ».

Une Gilet Jaune, seule depuis dix ans, maman de trois enfants vit ou plutôt survit en travaillant dans une grande surface avec un salaire de 1.200€ mensuel, et un loyer de 600€. « Les loyers sociaux ne devraient pas dépasser 25%

Concernant la taxe d’habitation qui devrait être totalement supprimée, tous suggèrent de la faire payer par les « riches ».

Tous s’accordent à dire qu’il est normal de payer des impôts, mais ce sont les taxes qui sont pénibles, notamment celles sur des produits de première nécessité comme l’eau, l’électricité ou encore le carburant. « On taxe le carburant pour les automobilistes, mais pas celui des trains, des bateaux ou des avions. La scandaleuse taxe sur les produits bio. Détaxation des produits de première nécessité.

Et la justice pour les riches ? Pour ceux qui ont le pouvoir ? « Que des non-lieux ».

Qui a le pouvoir ? Ceux qui ont l’argent, l’argent pour payer des études.

Les écarts de salaires entre les salariés de base et les grands patrons sont trop importants. Il y a quelques années, ils étaient de un à quatre, aujourd’hui de un à huit. Et que dire des salaires des sportifs ! Un plafonnement des salaires est nécessaire.

Une infirmière Gilet Jaune : « j’empoisonne les gens ». Le scandale des onze vaccins est dénoncé. Il y a volonté de chaos, de destruction.

Les médias sont montrés du doigt car leur majorité est possédée par des milliardaires. On doute fortement de leur indépendance.

Le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi), doit être supprimé pour les grands groupes et maintenu pour les petites et moyennes entreprises.

« Le président de la République doit représenter la République et non des intérêts particuliers. Si nous (GJ), sommes dans la rue, c’est que nous ne sommes pas représentés ».

Et pour terminer, tous sont d’accord pour dire que les manifestations ne sont pas assez suivies. « Nous ne lâcherons rien, nous continuerons tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction, à savoir le départ de Macron ».

 Les Gilets Jaunes de Ponlat iront ce samedi 2 février manifester à Lannemezan.