La loi NOTRE ( Nouvelle Organisation Territoriale de la République) instaurée par le gouvernement fait son effet chez de nombreux élus. La refonte de la carte inter-communale n’est pas vu d’un bon oeil et ceux-ci ne manquent pas de le souligner, pour certains un peu plus fort que les autres. S’il s’avère nécessaire de revisiter l’architecture territoriale et de clarifier les compétences, les maires ruraux, en particulier, ont déjà exprimé à plusieurs reprises leur hostilité aux dispositions du projet de refonte territoriale qui menacent l’existence même des communes. José Pagès, le maire de Savarthès qui a déjà exprimé à maintes reprises son opposition au sein de la Communauté du Saint-Gaudinois tient à préciser publiquement son point de vue et a traduit cette opposition dans les faits en adressant sa démission du sein de la Communauté , au président Jean-Raymond Lépinay, dans une lettre ouverte dont nous publions l’intégralité des propos. Aucune animosité envers les personnes précise bien José Pagès mais plutôt contre un système où la démocratie fait défaut.

« Monsieur le Président, ces derniers mois , vous avez pu noter mes absences répétées lors des réunions de la Communauté des Communes pour des raisons dont j’ai déjà pu m’entretenir avec vous. Je tiens par ce courrier à vous rappeler ma position. Par deux libérations du Conseil Municipal de Savarthès, nous avons rejeté le principe du nouveau périmètre des intercommunalités qui nous était proposé. Mr le Préfet n’a pas pris en compte notre décision qui nous a imposé un regroupement définitif à cinq communautés de communes, dicté par la loi NOTRE. Vous savez pertinemment qu’un nombre important d’élus n’est pas favorable à cette fusion mais qui accepteront finalement cette décision trop rapide et forcée, à mon goût. Mr le Président, je ne souhaite pas me soumettre à cette décision qui ne correspond pas à mes idées ni ne défend l’intérêt de la population commingeoise , et en particulier les contribuables qui se verront lourdement taxés. De plus ceux-ci seront pénalisés par la perte de proximité et une bureaucratie compliquée. L’Etat a imposé la fusion des régions, des cantons et maintenant des intercommunalités. Je ne suis pas dupe…Avec ce type de procédure, la mort programmée des petites communes est à l’horizon! Face à cet état de fait et en profond désaccord avec les décisions prises, je ne désire plus être le délégué de la Communauté de Communes et vous présente ma démission. Je vous prie d’agréer, Monsieur le président, l’expression de mes respectueux sentiments. »

C’est Philippe Gaspin qui assurera dès la rentrée de janvier le rôle de délégué dans la future intercommunalité.