31 décembre 2020 dans la soirée. Tout va mal. Cette année 2020 vraiment pas cool ! Partout où l’on regarde, ça donne vraiment pas envie, alors vivement l’année prochaine. Les 12 coups de minuit sonnent. J’embrasse mes 5 proches réglementaires autour de moi dont 4 virtuellement, covid oblige. J’ose simplement embrasser ma femme. Quel courage ! Cela ressemble plus à un rituel qui nous vient du passé plutôt que d’un acte affectueux comme à l’accoutumé. Faut se rendre à l’évidence on est en 2021 et l’on se sent toujours aussi « démuni » qu’en 2020, pour ne pas employer un mot à la Brassens : Quand on est …

Décidément la Covid nous a tout pris mais est-ce bien ce virus qui nous a tout pris ou bien autre chose ? On n’ose pas se souhaiter des vœux, ou des machinaux, sans réelles convictions car ceux de 2020 nous ont appris qu’on pouvait être ridicule dans les formulations. Il n’y a que les utopistes qui peuvent faire cela car il paraît que l’avenir leur donne toujours raison, un jour ou l’autre. Ils ont fait leur, une citation devenue célèbre : « Même dans la désespérance, il y a toujours une raison d’espérer » disent-ils mon bon monsieur, mon bon maitre car chez ces gens là, on espère Monsieur, on espère…

Nombre d’entre nous veulent vite oublier cette année 2020 pour vite passer à autre chose. Mais que nenni, braves gens comme aurait dit le conteur Olivier de Robert, que nenni, il faudra bien se souvenir au contraire.

Se souvenir que grâce ou à cause de la Covid selon les ressentis et convictions de chacun, nous avons tout accepté ou presque et nous avons cédé face à la puissance publique. On nous a ôté une partie de nos libertés individuelles, on nous a distancié physiquement et socialement modifiant ainsi en profondeur les relations humaines et le rapport à l’autre. On nous a enlevé le plaisir si indispensable à notre équilibre : Plus de restaurant, de bar avec les copains, plus de cinéma, de théâtre, de culture, plus de visites impromptues chez les enfants, chez les amis, même se promener en montagne était réglementé pendant que d’autres s’entassaient dans les temples de la consommation sans aucune règle. On nous a fait accepter l’injustice criante de situations. On ne pouvait même plus manifester non plus à cause de ce vilain virus.

Ceux qui transgressés peu importe la raison étaient montrés du doigt comme des pestiférés, on les a même traité de « terroristes » sur les réseaux sociaux. La délation qui avait semble-t-il disparue depuis la dernière guerre a refait surface. Ce n’était plus « mort aux juifs » comme jadis mais « Casse toi Soignant dangereux » On a réveillé ce qu’il y avait de plus bas chez l’homme. Nombre d’entre nous ont littéralement pillé des magasins sans se soucier de l’autre. Du chacun pour soi !

A tort ou à raison et à chacun la possibilité de pouvoir modifier ces certitudes, on nous a fait courber l’échine, accepter parfois la limite de l’acceptable, on nous a enfermé dans nos têtes, on nous a fait peur avec un trop d’informations toujours plus négatives les unes que les autres. On a affaibli notre libre arbitre, on nous a appris a accepté sans trop réfléchir.

On nous a montré un monde scientifique divisé et parfois incohérent. On a découvert pour certains ou confirmé pour d’autres que nos dirigeants n’étaient pas toujours à la hauteur de la tache et que leur parole n’était pas toujours d’évangile. L’incohérence voire l’incompétence ont souvent régné. A contrario, on a pu apprécier les politiques locales dites de substitution, des mairies, des communautés de communes, du département de la Haute Garonne et de la Région Occitanie.

Alors il faudra se souvenir de cette année 2020 pour pouvoir apprécier à sa juste valeur et sans retomber dans le consumérisme les simples plaisirs de la vie. Sans masque, pouvoir se sourire, se toucher et se prendre dans les bras le plus naturellement du monde. Aller chez ses parents, ses enfants, ses amis sans aucune contrainte ni peur. Ne plus être enfermé par un confinement qui nous privait de notre liberté de déplacement ou ne plus courir pour respecter à la minute un couvre feu. Pour ceux qui n’auront pas été broyés économiquement, aller au cinéma, voir un concert et finir sa soirée dans un bon restaurant dans ceux qui auront pu s’en sortir. Vivre tout simplement en se rendant bien compte que la vie est belle. A vous fidèles lecteurs de Petite République, c’est tout le mal que je vous souhaite pour l’avenir dont on ne peut préciser quand il arrivera car au fond une année ce n’est que le temps que met la terre pour faire un tour complet autour du soleil… Les 12 coups de minuit semblent tellement hors du temps…

Allez je pars m’entasser sur une piste de ski où on me laisse 1 m2 pour glisser mais bon c’est déjà bien. Ils ont fermé les remontées mécaniques pour lutter contre la Covid 19. Merci de me protéger contre mon gré ! A si vous n’étiez pas là comment on ferait…