Nous savons tous dans quel désert médical se situe la vallée de Luchon. Mais voilà que nous apprenons la dissolution de l’une des rares associations qui portait les actions pour la création d’une Maison de Santé sur le territoire.

Marie Cécile Naud Présidente : « Nous avons tenu une assemblée Générale le jeudi 5 novembre, qui a voté la dissolution de notre association Païs de Bagnères de Luchon Santé . Je suis triste, mais nous nous trouvons dans l’obligation d’abandonner, nous n’avons pas été soutenus, nous ne pouvons pas continuer sans ressources financières. Je vois que deux maisons de la santé sont en projets aboutis sur Saint Béat et sur Marignac… mais rien pour Luchon. »  

Il faut savoir que la Communauté de Commune CCPHG, travaille en effet sur les 2 projets, bien avancés, en basse vallée, des discussions sont en cours avec les professionnels de la santé pour l’installation d’une structure sur le Luchonnais. (rencontre avec Audrey Prévost Présidente ASPL)

Marie Cécile : « oui, je sais, mais à Luchon où le manque est le plus flagrant compte tenu de la population et de la fréquentation touristique, rien ! Pour ma part et compte tenu de mon état de santé, j’ai très peur. Atteinte d’une sclérose en plaques, au mois de février j’ai contracté la Covid-19, après une hospitalisation à Saint-Gaudens, on m’a confiné 87 jours dans mon logement à Luchon ! Et bien-sûr sans mon aide-ménagère. Je tiens à remercier très chaleureusement les petits commerçants. Le “Petit Casino” entre autres, qui venait livrer mes courses, dans ma voiture aux pieds de l’immeuble »

Aujourd’hui la présidente de l’association Païs de Luchon Santé, se voit dans l’obligation, de quitter Luchon, pour une grande ville comme Tarbes, pour ne plus vivre dans la peur. “De ne pas être prise en charge dans des moments difficiles”. Pourtant elle et ses amis ont tout essayer, pour faire bouger les politiques de santés dans le Luchonnais, des fois maladroitement.  L’association, comme beaucoup d’autres s’est vue refuser l’organisation d’animations. Malgré tout le 4 octobre, dans le cadre des Journées Internationales de la Sclérose en Plaques, conférenciers et une sportive de haut niveau avaient fait le déplacement. Vanessa MORALES, infirmière et détentrice de plusieurs records de course trail en altitude.  L’animation principale course d’ORNI (Objet Roulant Non Identifié, ni électrique ni moteur) avait été refusée pour des questions de protocole Covid. L’opération soutenue par l’OTI et les commerçants avait permis de collecter 250€ somme, nous dit Marie-Cécile, versée au compte de la Fondation l’ARSEP au profit de la recherche.

Cécile, pharmacienne à la retraite : Une Maison de Santé Pluriprofessionnelle, MSP, ne peut se faire qu’avec la volonté des professionnels de santé de la vallée. Avec des médecins et l’aide des collectivités territoriales est indispensable. Sont nées les CPTS Communautés Professionnelles Territoriales de Santé qui ont boosté les MSP, surtout par le fait, d’accords entre l’ARS et les professionnels, sur de nouveaux modes de rémunérations des professionnels de santé. Il est important que nous restions en éveil, nous habitants des vallées ».

Association Santé Pluriprofessionnelle de Luchon – ASPL- :

En parlant d’éveil, nous avons appris, l’existence de l’Association de Santé Pluriprofessionnelle de Luchon et rencontré sa présidente (par tél : confinement oblige)

Audrey Prévost – Médecin Orthophoniste : Nous avons créer l’association ASPL en octobre 2019, avec  une quinzaine de professionnels de santé de la vallée, mais il n’y avait pas de médecin. Aujourd’hui deux médecins nous ont rejoint et l’espoir grandi de voir une Maison de Santé Pluridisciplinaire s’implanter sur la ville de Luchon. Nous avons rendez-vous, avec les représentants, élus de la ville le 13 novembre. Nous mettons tout en œuvre pour que nos médecins puissent être soutenus pour passer leur DU (Diplôme Universitaire) qui leur permettra d’encadrer des jeunes médecins désireux de s’implanter sur le secteur, dans le cadre de la future MSP.”

Gardons l’espoir !