Un événement en chasse un autre à une vitesse vertigineuse avec des conséquences dramatiques sur notre niveau de réflexion nourrie et posée. A chaque actualité, c’est la précipitation et plus personne ne prend le recul nécessaire qui devrait faire pourtant obligation en pareilles circonstances. Les philosophes et les intellectuels ont disparu des écrans radar pour faire place à l’immédiateté représentée principalement par les réseaux sociaux et les chaines d’information en continu. Un poison d’une société moderne dont on ne mesure pas encore les effets dévastateurs. Les informations qui circulent, souvent fausses, erronées sont prises pour argent comptant et à chaque fois nous avons droit à la théorie du complot. Ces fakes news, comme on les appelle, ne sont pas anodines car si pour certaines elle reproduisent de la simple stupidité pour d’autres elles relèvent de la manipulation pure et simple.

Nos responsables politiques sont, j’allais dire, tomber dans ce piège pourtant grossier. Avec un vieux logiciel complètement inadapté, ils veulent maitriser la communication par des prises de parole trop rapides et mal maitrisées. Notre ministre de l’intérieur en est un exemple cuisant. Parler pour parler quitte à se contredire quelques heures ou quelques jours plus tard. On veut occuper le terrain à tout prix pour faire voir que la puissance publique est là et que tout est sous contrôle. Une vieille expression populaire dirait « Prendre des vessies pour des lanternes ».

Grace à la perte de la notion de secret par des individus qui savaient garder le silence, à l’action de nombre d’associations jouant le contre pouvoir, à la présence massive des téléphones portables dans notre vie quotidienne, à la diffusion par les réseaux sociaux, à des enquêtes diligentées avec sérieux par des médias d’investigations, le pouvoir politique ne peut plus rien cacher (ou presque) et se trouve contraint à jouer la transparence. Une transparence très opaque parfois encore tant le logiciel est difficile à changer avec des mauvaises habitudes qui perdurent ou qui s’accélèrent. Cela permet à une opposition en mal d’exister de demander des têtes ou de constituer une commission parlementaire pour essayer de ne pas tomber dans l’oubli et d’attendre des jours meilleurs qui viendront d’une alternance. Un entre soi dont se moquent les français, il suffit de se rappeler la commission Benalla de l’Assemblée Nationale. Un vrai chef d’oeuvre gage d’efficacité !

Le problème dans tout cela est que les français ne croient plus du tout en la fiabilité des déclarations publiques et remettent systématiquement en question la parole donnée. Cela alimente bien entendu les théories du complot, conforte l’abstention ou oriente les électeurs vers des choix extrêmes. Des partis politiques qui ne demandent qu’à surfer sur cette vague très porteuse. Il est urgent que les choses changent mais les français mettront très longtemps à retrouver la confiance tant le mal est profond. Une démocratie malade…