Ma rencontre avec les Compagnons d’Emmaüs a été un moment d’échange extraordinaire.

Lorsque vous vous intéressez un peu à eux, vous découvrez toute leur générosité. Deux d’entre eux mon dit à quel point cette communauté en particulier était pour eux une bouffée d’oxygène. En effet, Max  était à Agen avant son arrivée à Saint-Gaudens. « Ici, on nous écoute, on peut parler, et puis entre compagnons, même si parfois c’est tendu, il n’y a pas de gros conflits. Charles est là, il comprend, ça se passe vraiment bien. On nous aide vraiment à aller de l’avant. Vous savez, la rue ça fait des dégâts. Ce n’est pas facile d’accorder à nouveau sa confiance, et puis il y fait toujours froid, même en été. »

François, très en retrait au départ me dit « moi j’étais mécano pour les camions et puis deux hernies discales, et impossible de retravailler, pas reconnu  comme maladie professionnelle, et puis ça va très vite… » Un moment de tristesse dans son regard, son beau sourire se fige et il reprend « vous savez ici on est bien, j’adore bricoler, réparer, je revis. Venez voir, j’ai même fait un jardin, j’ai deux ruches des volailles, il y a même des poussins qui sont nés il y a quelques jours. C’est pas beau la vie ? » Quelle leçon de courage et d’humilité, et toujours avec un beau sourire. Il ne le sait pas mais ce jour là, c’est lui qui m’a fait un beau cadeau. Alors, pourquoi pas, lors de votre visite prenez un peu de temps pour leur accorder votre attention.