Un an après ce qui fut pour quelques uns une découverte de savoir qu’en Comminges il existait une formation musicale de cette envergure, Via el mondo a récidivé ce soir là dans l’excellence de sa prestation le mardi 30 juillet.

Il est d’autant plus remarquable que ce groupe ne se situe pas sur le registre des productions assujetties au super marché de la grande distribution musicale. Ce voyage dans les sonorités et les rythmes est intemporel, simplement porté par des pratiques instrumentales et chantées éprouvées, ancrées dans les véritables cultures populaires édifiées sur le temps long des pratiques sociales et humaines.

L’errance des thèmes du répertoire nous a porté telle la brise du vent d’Espagne entre Andalousie, Comminges, mais aussi Amérique du Sud. La fluidité de la guitare Flamenca, la percussion avec cette fièvre cubaine bien perceptible, l’accordéon chromatique et son expression inspirée, l’élégance et l’empathie gracieuse de la chanteuse, la pertinence de la guitare d’accompagnement, l’ensemble nous a véritablement et simplement transporté. La gravité solennelle du jeu flamenco glissait avec subtilité dans l’aisance balancée des musiques et percussions afro-cubaines.

La capacité de ce groupe à emporter l’adhésion du public dès les premiers morceaux est remarquable. Le décorum est dans la sobriété avec une absence de racolage technique. Le parti pris est complètement acoustique, libre d’une éventuelle influence de sonorisation artificielle. Le concert s’est déroulé avec cette impression exquise d’être dans l’histoire, proche des musiciens. Le vocabulaire de cette formation sonne comme fluidité, élégance, générosité, empathie, excellence, ivresse musicale.

C’est aussi une histoire de famille, avec en première partie les anciens des Bee-bops dans une formule exclusivement vocale polyphonique, d’une veine semblable au plan de la qualité, aidé en cela par l’acoustique exceptionnelle de la chapelle de la Chapelle de Miègecoste.

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