La RD 117 qui relie l’A64 à Saint Girons en Ariège est classée « route à grande circulation », avec 6 500 véhicules/jours. Le 12 mars dernier, le département et la mairie ont confirmé que le tracé choisi était celui empruntant l’ancienne voie ferrée, longeant l’actuelle RD 117.

L’association «Protégeons Mane» conteste ce dernier tracé : «Le tracé présenté l’année dernière a été modifié et prévoit désormais la destruction des propriétés situées aux 40 et 40 bis avenue Tolosane», explique son président Olivier Bordes. Les habitants de la commune connaissent bien cette propriété située à l’entrée du village qu’ils appellent «Le château». Construite en 1886, son parc est planté d’arbres centenaires. Dévier le précédent tracé de la deux voies de 15 m pour la détruire, c’est incompréhensible». Pour le président de l’association, il y a une seule explication : «le Département souhaite aussi faire taire les opposants : les expropriations envisagées concernent le président, le vice-président et la secrétaire de l’association.»

Cette déviation est censée répondre à une exigence du trafic du transport de marchandises en usage par camions actuellement, et les nuisances occasionnées par la traversée de l’agglomération.

L’image sociale de la voiture du temps des trente glorieuses est en voie de disparition, considérant les contraintes financières et écologiques. Elle est de plus en plus désacralisée ou condamnée à l’usage de la proximité immédiate, notamment avec l’usage de la voiture électrique.

Le coût réel des grands travaux routiers est estimé à 7 millions d’euros, financés entièrement par le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Dans le cadre le l’urgence climatique et la nécessité de réduction de l’usage des énergies fossiles, il devient complètement réaliste de songer à redéployer le réseau ferroviaire dans les territoires hors métropole comme ailleurs en Europe.

Par chance, le projet pertinent de piste cyclable promu par le CLD (Conseil Local de Développement de la Communauté de Commune Cagire-Garonne-Salat) a permis de conserver globalement le tracé et le sous-bassement de l’ancienne voie ferroviaire. Considérant que dans un futur proche l’actuelle piste cyclable aura vocation à réhabiliter le retour du rail, beaucoup pensent qu’il serait plus raisonnable de renoncer à cette déviation aux implications discutables. Cette prospective aurait pour nos élus une résonance valorisante dans la séduction de leurs annonces de projets, de part l’adéquation aux nécessités imposées par l’urgence climatique ?