Petite République reproduit in extenso, le communiqué de presse de Jean-Paul Ferré, président de l’association Eth Ostau Comengès œuvrant pour la promotion et la défense de la culture occitane.

« C’est avec consternation que l’association Eth Ostau Comengés, qui œuvre pour la sauvegarde et transmission de la culture occitane du Comminges, a pris connaissance de la suppression des moyens fléchés attribués par le Ministère de l’Éducation Nationale et le Rectorat de Toulouse pour l’enseignement de l’occitan dans notre académie.

Cette attaque sans précédent  s’ajoute à  la réforme du lycée qui réduit et dévalorise les possibilités d’enseignement de notre langue régionale. La réforme du lycée si elle restait en l’état, et la suppression des moyens fléchés, si la décision était maintenue, consigneraient l’arrêt de mort de l’enseignement de l’occitan dans la plupart des lycées et  collèges de l’académie.

En Comminges, cet enseignement concerne 662 élèves et 10 établissements (environ 11 000 élèves et 175 établissements concernés dans l’académie de Toulouse) et de nombreux projets culturels sont chaque année mis en œuvre par les professeurs d’occitan, particulièrement importants pour l’ouverture sur l’extérieur des jeunes commingeois : échanges et voyages pédagogiques, rencontre avec des artistes, spectacles de chant, danse, théâtre, etc.

Le 5 avril prochain, dans le cadre du festival Passa-Pòrts, nous organiserons ainsi la venue à Montréjeau de 450 écoliers, collégiens et lycéens qui étudient l’occitan. Toute la journée, ils prendront part à différentes activités et assisteront au concert de l’artiste Alidé Sans.

Pourtant, au niveau académique, on a décidé de supprimer les moyens donnés aux établissements pour l’occitan. Aussi, les collèges et lycées qui proposent cet enseignement risquent de supprimer des cours. Or, ces décisions sont en contradiction avec de nombreux engagements, conventions, le code de l’éducation et même avec la constitution ! Les langues de France sont inscrites au patrimoine de la République (article 75 de la Constitution). « Una lenga vau una catedrala », disait l’écrivain Jean Boudou.

Laisserait-on à l’abandon la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges ou la collégiale de Saint-Gaudens ? En effet, pour bien comprendre le territoire d’Occitanie, on ne peut pas ignorer la langue qu’elle a produite. Le patrimoine qu’elle représente, des troubadours au prix Nobel Frédéric Mistral, est trop peu connu.

Face à la brutale régression en cours, nous tenons à alerter les élus, les associations et les citoyens et nous participerons aussi à la manifestation que le Centre Régional des Enseignants d’Occitan organisera à Toulouse, le dimanche 17 février, à 14 h (un bus sera au départ de Saint-Gaudens).

 Espérons, cependant, que la réforme sera amendée et que les collèges et lycées auront les moyens, comme auparavant, de continuer à proposer et développer l’enseignement de l’occitan conformément à la convention signée en janvier 2017 par l’État et la Région. Il serait regrettable qu’en cette année 2019, proclamée par l’UNESCO Année internationale des langues, la France se fasse encore remarquer par un comportement très inapproprié à l’égard des droits de ses propres langues ».

Contact : @ : contact@ostaucomenges.org /  05 61 04 49 24 / www.ostaucomenges.org / https://www.facebook.com/ethostau.comenges