Comme chacun sait, le président de la République française a réuni plus de 600 maires d’Occitanie en terre lotoise, sur la commune de Souillac. Dans un véritable bunker gardé par de nombreux escadrons de police et gendarmerie , ces représentants élus, choisis sur le volet, ont pu assister à ce que l’on a nommé, peut être un peu trop vite, un débat.

Parmi ces privilégiés d’un instant, le Volvestre et le Comminges étaient représentés par Paul Marie Blanc maire de Bérat et Evelyne Delavergne maire de Lavelanet de Comminges qui ont été désignés pour prendre la parole. Dans un style très différent, ils ont pu exprimer au président de la République leur point de vue. Paul Marie Blanc, très à l’aise et sans note, l’a fait avec un humour second degré, parfois plaisant, qui obligeait en fait à l’écouter avec plus d’attention. Visiblement à Bérat on peut aussi traverser la route pour aller de l’autre côté mais pas pour les mêmes choses ! Les invitations faites au ministre et au président lui appartiennent ; en plus d’être un maire-chanteur, n’est-il pas aussi un VRP de luxe ! Il faudra s’habituer si cela se faisait à la présence de dizaine d’escadrons de gendarmerie et à un village vidé de ses habitants. L’employé communal devra bien sur ôter son gilet jaune.

Evelyne Delavergne a lu un texte parlant de la difficulté des retraités de l’agriculture, des charges trop importantes que subissent les micro entreprises et de la spécificité du mille feuilles en Volvestre avec la présence d’une commune, d’un Sivom et d’une communauté de communes. Certains ont pu comprendre que tout cela n’était pas facile. Elle souhaitait plus d’espaces de paroles pour les élus mais aussi pour les jeunes. Visiblement cela manque quelque part. Ses propos, noyés dans la masse des autres revendications et doléances de ses pairs, ont eu le mérite d’exister.

Le président a écouté, pas sûr du tout qu’il est entendu. Son rôle à lui n’était pas d’entendre un tel ou une telle qui n’était qu’instrumentalisé. Il était surtout de mettre dans une salle 600 maires d’Occitanie. Les faire attendre ½ heure devant les caméras de BFM Télé pour montrer qui est le boss, de les laisser s’exprimer et se défouler à souhait pour certains avec talent, sachant que ce qu’ils disaient lui était parfaitement connu avant la pièce de théâtre joué. Un magnifique scénario mis au point par les communicants de l’Élysée.

Puis, avec brio et talent, il faut le souligner, prendre en dernier la parole. En tauromachie on appelle cela l’estocade ! Dire à ces élus, sous le charme vu les applaudissements nourris tout au long de la calinothérapie, tout ce qu’ils voulaient entendre. L’argent va couler à flot et on va voir ce que l’on va voir. Après les avoir méprisés pendant 18 mois c’était d’un seul coup le grand Amour. Ils étaient devenus le socle essentiel de la République, ils avaient toutes les qualités et il ne manquait que le ton gaullien de « Je vous ai compris ». Il n’a pas osé. Carole Delga et Martin Malvy ont quitté le temple macronien avant le one man show du président. Imaginons si tout le monde avait suivi !

Certes tout ceci peut se retourner contre lui un jour ou l’autre si les espoirs mis dans ces cœurs sensibles sont déçus comme l’a dit l’un des orateurs du Lot. En attendant grâce à ce genre de show man orchestré en toute liberté et indépendance par un ministre, les maires participent à la remise en selle du président de la République, qui rappelons le, était au fond du trou avant ces débats. C’est un choix et une responsabilité qu’ils devront assumer. Ils permettent à Emmanuel Macron de faire une campagne électorale à leurs frais et à ceux des contribuables puisque déplacements et forces de l’ordre sont à la charge des impôts, les notres. Décidément dans sa grande intelligence, le président continue sur le « Tous ensemble, tous ensemble » Il poursuit sa destruction de l’opposition républicaine qui l’entoure dans ces moments difficiles à travers les maires « de tout bord politique ». Pendant ce temps là, les sondages nous montrent les gagnants : Rassemblement National et LREM. Ce n’est pas avec cela que LR et le PS vont remonter dans les sondages. ! Le président surement !

 

Evelyne Delavergne maire de Lavelanet de Comminges

Evelyne Delavergne maire de Lavelanet de Comminges