En cette veille de 1er de l’an, ils sont 8, pardon 8.000, comme rectifie Armand, l’homme au camping-car. « On veut faire croire à la population qu’il n’y a avait que 12.000 manifestants dans la France entière samedi 28 décembre. Donc, 8.000 ici, 3.000 à Bordeaux et 1.000 à Paris ». Une boutade mais qui montre leur motivation et surtout leur détermination.

Ils ont érigé leur QG en contrebas du rond-point Ausson / Ponlat-Taillebourg, sur un terrain privé pour lequel ils ont obtenu une autorisation du propriétaire. Deux pièces toilées où il fait chaud. Table, canapé, victuailles sont là. A midi, c’était daube. Ce soir par contre, ils ne feront pas réveillon là. Que veulent-ils ? Jusqu’à quand resteront-ils ? « Jusqu’à ce qu’il dégage ! », affirment-ils en chœur. Leurs actions ? Plusieurs fois par jour, ils sont sur le rond-point, ils ralentissent les automobilistes, sans les bloquer.

« Beaucoup nous soutiennent, klaxonnent, nous offrent à manger. Ceux qui nous soutiennent, ce ne sont pas ceux qui ont le plus besoin. A un moment donné sur le rond-point, nous étions quatre, totalement différents. Il y avait un communiste, un anarchiste, un du RN (ex FN, ndlr), et une écologiste. Nous sommes arrivés à nous entendre en faisant chacun des concessions. Tu vois, la liberté, ça fait longtemps qu’il n’y en a plus, l’égalité n’a jamais existé et la fraternité, grâce à Macron, elle revient. Merci à lui. Depuis dix-huit mois, il a fait reconstruire une fraternité en France».

Leurs revendications sont multiples : le pouvoir d’achat, la réversion diminuée pour les veuves, le pouvoir de la finance, la liberté qui recule, les médias « qui racontent n’importe quoi et qui sont aux ordres du pouvoir », les onze vaccins obligatoires pour les enfants  pour enrichir les laboratoires du CAC 40.  Une maison, quand ça ne va pas, tu n’enlèves pas le toit pour le refaire, tu la détruis. Et tu repars des fondations pour reconstruire quelque chose de solide. Tous ensembles ». Et ce soir ? « On va l’écouter et comme lui, on ne va pas l’entendre ».  Pendant la photo sur le rond-point où ils ont installé une croix et douze bougies symbolisant le nombre de gilets jaunes morts depuis l’origine de la contestation, un automobiliste s’est arrêté et leur a offert un pot de miel.