Merlin l’Emmerdeur désavoué par la Justice.

Patrick Mignard alias Merlin l’emmerdeur, n’en revient toujours pas.  Relaxé au pénal au tribunal correctionnel de Toulouse quelques mois auparavant, il vient d’être condamné au civil à la suite de l’appel déposé par Henri Rouaix, maire de Plagne. Une condamnation lourde et exceptionnelle qui s’élève à 8000 euros de dommages et intérêts auxquels s’ajouteront 2500 euros de frais de justice.

Cet ancien professeur d’économie est un humaniste qui ne supporte pas les injustices humaines. Il a donc créé un blog « Association de défense de l’activité paysanne » dans lequel il assiste la veuve et l’orphelin victimes des «méchants » les plus divers. L’un de ces dossiers se situait à Plagne. Une agricultrice contrainte, suite à un accident de travail de son mari, de faire fonctionner son exploitation seule, a eu maille à partir avec Henri Rouaix maire de la commune. (voir nos édition précédentes)

Ce chevalier des temps modernes, ce redresseur de tort a donc pris faits et causes pour les malheurs qui arrivaient à Josette Boué. Après avoir organisé des manifestations et diverses actions, il a choisi l’humour (certes caustique), la dérision et la forme d’un conte médiéval pour dénoncer une situation qui lui apparaissait comme insupportable. C’est ainsi que Patrick Mignard devenu « Merlin l’emmerdeur » décrivait un ogre sans foi ni loi, un « despote ami des puissants » qui se permettait à peu près tout sur sa commune. Cela a fort déplu à l’élu. Plainte fut déposée devant les prévôts.

Cité au pénal et au tribunal correctionnel de Toulouse, Patrick Mignard était relaxé pour les faits qui lui étaient reprochés. Non satisfait du jugement, monsieur le Maire faisait appel au civil. Et, contre toute attente, vu le premier jugement, Patrick Mignard était condamné à lui verser 8000 euros de dommages et intérêts auxquels s’ajouteront les 2500 euros de frais de justice.

Une lourde condamnation et des interrogations sur la liberté de l’expression

« J’avais pourtant pris soin de préciser que toute ressemblance avec des personnages existants ne pouvait être que fortuite», raconte Patrick Mignard. Mais lui dit s’être reconnu et il a porté plainte. C’est encore sous l’emprunte d’une forte émotion que Patrick Mignard précisait : « 10 500 euros, c’est énorme, je n’ai pas les moyens de payer. Imaginez, si on en faisait autant pour Charlie Hebdo ou le Canard Enchaîné, ils mettraient la clef sous la porte ». C’est donc contraint et forcé que Patrick Mignard a fait appel à la générosité en ouvrant un site dédié :

https://www.leetchi.com/c/liberte-expression-merlin

« Ce jugement doit nous alerter sur la dérive répressive de l’institution judiciaire, qui s’attaque à des formes d’expressions jusqu’à présent admises, que ce soit de la fiction, de la satire, ou de l’humour… prévient-il. Une telle mesure, appliquée à la presse, et de manière générale aux médias, risque de les priver de toute liberté de ton en les incitant à l’autocensure ».

Après réflexion, Patrick Mignard a décidé de se pourvoir  en cassation.