Traduire un texte religieux, est-ce lui rester fidèle, l’interpréter ou le trahir ?

Tel était le thème de la conférence de cette chercheuse si pointue, spécialiste de la bible et plus particulièrement de la bible des septante. Elle est une référence dans ce milieu très fermé de la recherche. Cette chercheuse au CNRS de Paris donnait une conférence à la Médiathèque de Saint-Gaudens. Quoique ce sujet puisse paraitre très élitiste, plus de 110 personnes étaient venues l’écouter, comme quoi la culture n’est pas morte et les commingeois ont soif de connaissance, même sur des sujets très spécialisés. Mais notre civilisation n’est-elle pas construite sur des fondements des textes hébraïques et chrétiens ? D’où l’intérêt du sujet.

Avec passion, elle a présenté ses sources, son mode de travail au sein du CNRS à Paris. Elle travaille aujourd’hui sur la 1ère traduction grecque de la Bible au 4ème siècle, la bible des septante, traduite par des juifs pour des juifs, de l’hébreu en grec. Les premiers textes étaient dans une autre langue, l’hébreu entre autre. La société n’étant pas la même, le mode de pensée étant différent que celui des traducteurs, ceux-ci ont pu interpréter les textes avec leurs références du moment. Cela n’était pas forcément la pensée de leurs auteurs. Parfois la traduction a été volontairement orientée par les traducteurs…

Donc la Bible est une stratification de textes, de traductions et d’interprétations accumulées au fil du temps. Francesca Barone, en s’appuyant sur des exemples précis, s’est attachée à montrer les écarts qu’il peut y avoir dans ces traductions pour des interprétations grammaticales, de mots manquants, de mauvaises compréhensions, des us d’une époque, ou par volonté….

Cette conférence aura peut-être aidé tout un chacun à prendre de la distance avec l’interprétation que certains voudraient faire de la traduction de textes sacrés, garder toujours son libre arbitre, d’où l’importance de la source.