Ce sont quelques 200 personnes qui ont entouré Andy Masse, 1 an et demi, pour l’accompagner à la mairie de Mailholas. Ses parents, Magali et Freddy, avaient fait le choix de lui organiser, 5 ans après son frère Martin, un baptême républicain : Une façon de célébrer la naissance d’un enfant en dehors de toute référence religieuse.

Si, sur le plan juridique, cette forme de baptême laïque n’est mentionnée par aucun texte et n’a donc pas de valeur légale, il marque l’attachement des parents à des valeurs républicaines et au principe de la citoyenneté. Les parrains et marraines qui ne sont soumis à aucune obligation par les textes s’engagent moralement auprès de l’enfant et des parents à être présents si cela faisait nécessité.

C’est donc le maire de la commune Gérard Carrère qui a procédé à la cérémonie sous l’oeil amusé du président Hollande toujours accroché au mur , le portrait du nouveau locataire de l’Elysée n’étant pas encore parvenu dans les mairies ! On se hâte lentement !

La salle du conseil étant trop petite, nombre d’invités ont pu assister au baptême le nez aux fenêtres. Après avoir donné lecture de son joli discours à l’assemblée présente, le premier magistrat de la commune a demandé à la maman, Magali Masse, par ailleurs conseillère municipale de Mailholas, de lire le certificat de parrainage. Une surprise et un grand moment d’émotion pour Magali qui ont entrainé quelques sanglots dans la voix.

Tout est rentré rapidement dans l’ordre quand les festivités ont commencé. Vive la République et vive Mailholas !

 

Le baptême républicain, ou encore parrainage civil, a été institué par la loi du 20 prairial, an II (8 juin 1794) relative aux actes d’état civil, réservés aux municipalités. Peuvent être baptisés civilement tous les mineurs de moins de 13 ans. Il tombe en désuétude au XIXe siècle, mais est relancé en 1892 par la municipalité socialiste de Saint-Denis afin de « soustraire la jeunesse à l’influence néfaste des religions déistes qui atrophient et faussent son intelligence ! ». Il fut très en vogue à la Belle Époque dans le nord de la France avant de se raréfier. En juin 2016, l’amendement n°434 au projet de loi « Égalité et citoyenneté » est présenté, afin de donner un cadre légal à cette pratique. L’article 42 qui en résulte est censuré par le Conseil constitutionnel pour raison de procédure.