Depuis tellement d’années, la situation se reproduisait chaque soir d’élections sur tous les plateaux télévision. Les ténors de la politique française, toujours les mêmes, passaient de chaine en chaine avec, en main, des éléments de langage qui avaient été décidés à l’avance. Ils récitaient une leçon apprise par cœur qui, franchement, était insupportable et pathétique. Si l’on synthétise, on peut résumer tout cela en une seule phrase répétée par tous ces protagonistes de droite comme de gauche : «On a compris le message des français» disaient-ils d’une seule voix, arguant au passage que cette situation catastrophique était, bien sûr, la faute de l’autre camp !

Très douillettement installés dans «l’entre soi», ils courbaient l’échine pour laisser passer l’orage persuadés, comme à chaque fois, que l’opinion publique se calmerait et que dorénavant… rien ne changerait. La situation honteusement confortable de nos élus nationaux, cumulards dans le nombre comme dans le temps, ne les incitait pas au moindre changement. Pensez donc ! on ne va pas scier la branche sur laquelle on est assis ! Pendant ce temps-là, l’abstention progressait à chaque élection, pour finir par le fait qu’un français sur 2 ne vote plus. La démocratie est très malade et ils n’ont rien fait pour la soigner. Ils ont laissé les métastases envahir le pays sans bouger le petit doigt, comme si le malheur des plus nombreux faisaient le bonheur d’une certaine élite.

Et bien, les français viennent de siffler la fin de la récréation ! Ils ont éliminé, voire ridiculisé, ces 2 partis traditionnels qui se partageaient le gâteau par ce que l’on appelle l’alternance. Un coup à toi, un coup à moi et pour les perdants des indemnités de chômage fort avantageuses par rapport au privé. Des partis politiques incapables de se rénover et qui ne sont plus des laboratoires d’idées novatrices porteuses d’espoir. Des visions à la petite semaine où la médiocrité règne en maitre. Le bal des égos prime sur tout le reste et le spectacle en est affligeant.

Un homme, inconnu il y a seulement 3 ans, a eu l’intelligence de comprendre cela. Il s’appelle Emmanuel Macron. Il a tout raflé sur son passage et a renvoyé à leurs propres turpitudes des apparatchiks de partis qui se réveillent avec la gueule de bois en se disant cette fois-ci qu’ils ne pourront pas juste courber l’échine. L’arbitre a sorti le carton rouge. Ils ne savent plus que faire pour réparer la machine qui vient de casser parce qu’elle n’avait jamais été entretenue.

Pendant 5 ans, nous allons avoir un homme et une assemblée toute acquise à sa cause qui vont décider de tout. Souhaitons que notre jeune président dynamique, que certains comparent à Bonaparte, réussisse dans sa tâche pour le bien de la France sans trop casser l’équilibre social du pays qui, par le côté sauvage du libéralisme, peut être menacé.

Cette situation, inédite en France, a l’immense mérite de renvoyer les partis politiques traditionnels à plus d’humilité pour effectuer leur reconstruction salutaire durant cette période. Toutefois, nous ne voilons pas la face, cette parenthèse historique ne devra pas durer dans le temps. Une démocratie a besoin d’une pluralité de partis politiques qui doivent redevenir des laboratoires d’idées et non des usines à carrière longue durée. L’engagement politique ne doit pas être une carrière ou un métier mais un engagement citoyen limité dans le temps. Sortons de cette royauté de fait pour revenir à une République fière de sa triptyque Liberté Egalité Fraternité auquel il sera nécessaire de rajouter Laïcité.

Les français retrouveront confiance en leurs élites si elles sont capables d’une introspection sans concession et de se révolutionner dans leurs savoirs-être et savoirs-faire. Si, dès l’orage passé, on revoit les mêmes qui nous distillent les mêmes futilités, tout ceci risque de mal finir un jour…

Il est bien sûr évident que nos élus locaux devront tirer toutes les conséquences de la situation nationale.