Après ses journées  d’hommage aux Républicains Espagnols du  6 au 9 avril, l’association « Memoria y Exilio » de St Gaudens s’est rendue à Barbastro, Aragon, pour célébrer l’anniversaire de la Seconde République Espagnole le 14 avril.

Un accord de jumelage, signé en septembre 1963, lie les villes de Barbastro et St Gaudens. Depuis, il s’est traduit par de nombreux échanges, qu’ils soient culturels, sportifs, scolaires ou économiques. L’association « Memoria y Exilio » a déjà participé à des hommages républicains en Aragon. A Huesca et Bielsa, en Navarre. Igal dans le Valle de Roncal et Pamplona. Et récemment en Andalousie, à Málaga. Cette année, des membres de l’association ont choisi la ville jumelle de Barbastro pour célébrer les 86 ans de la République Espagnole et ont été reçus par le maire Antonio Cosculluela, à 13h en la mairie de Barbastro.

Cette réception de l’association St Gaudinoise « Memoria y Exilio » avait été évoquée par Ramon Campo, conseiller municipal de Barbastro, lors de sa participation à St Gaudens à La Retirada, le 9 avril. Des membres du Círculo Republicano de Barbastro ont participé également aux hommages organisés par « Memoria y Exilio », à l’Hospice de France et au Val d’Aran.

Cet hommage du 14 avril a rassemblé de nombreuses personnes

Des membres des associations mémorielles républicaines de Barbastro, Huesca, Bielsa et St Gaudens. Il a eu lieu sur les rives du Vero, près de la Fontaine de la République portant l’inscription « Ayuntamiento republicano federal de 1872 a 1873 », vestige de la 1ère république espagnole. De nombreux drapeaux tricolores ondoyaient  et les chants républicains ainsi que l’hymne de Riego ont retenti. La chanson « Canto a la Libertad » de Labordeta, considérée comme l’hymne d’Aragon par sa population, a également enflammé les cœurs.

On entendit la lecture de communiqués et diverses prises de paroles. Toutes centrées sur les aspects  idéologiques et pratiques de la revendication républicaine. Un cortège s’est rendu ensuite à la mairie où les a reçu le maire Antonio Cosculluela. Après les paroles de bienvenue et le rappel du jumelage qui lie les 2 villes, le maire a cédé la parole à Ramon Campo. Celui-ci  a remercié profondément le maire. Il a déposé une motion sur la mémoire historique, qui a été approuvée, proposant des relations avec l’association « Memoria y Exilio ». Il a conclu disant son désir qu’au moins une fois an, les 2 associations se rencontrent.

la répression franquiste fut terrible.

La parole a été cédée à Chantal Pénicaut, représentant l’association « Memoria y Exilio », en l’absence du président Jules Estaran, empêché. Elle a  remercié Monsieur le maire et formulé l’honneur qui est fait à l’association par cette réception. Après un rappel du jumelage et des échanges qui en ont découlé, elle a présenté l’association « Memoria y Exilio ». Son objectif, les différents hommages qu’elle organise ou auxquels elle participe.

Elle a également évoqué La Retirada. L’exil des centaines de milliers de républicains poussés hors de leur pays par les bombes franquistes en fevrier 1939. Leur accueil par la France. Les camps de concentration. Leur engagement dans la Résistance ou la Légion étrangère, continuant ainsi le combat contre le fascisme et la défense de la République et de la Liberté. Jean Ruiz, 98 ans, membre de l’association, en est l’exemple. Mais les espagnols républicains restés en Espagne souffrirent également, la répression franquiste fut terrible.

partager les hommages.

Appuyant sur l’importance du rapprochement des associations mémorielles républicaines françaises et espagnoles, elle a exprimé le désir de partager les hommages, de chaque côté des Pyrénées. Puis elle a convié le maire et les amis de Barbastro à la manifestation qui se déroulera à St Gaudens fin septembre. Manifestation nommée « Centre du monde Espagne ». Pendant quelques jours Saint-Gaudens va rendre hommage à ceux qui, émigrés politiques ou économiques, ont  traversé les Pyrénées pour venir s’installer en Comminges. «  Ce sera un événement de plus dans le cadre de  notre jumelage », a-t-elle conclu . Puis Guillermo Viu Zacalain, président du Círculo Republicano de Barbatro a évoqué la question douloureuse des fosses communes. Sans oublier les disparus de Barbastro, lui-même étant touché dans sa famille, ainsi que la suppression des symboles franquistes.

Le maire a précisé que Barbastro fut une des 1ères villes à supprimer le nom franquiste des rues. Puis il a évoqué l’histoire de sa famille républicaine, dont une partie s’est exilée en 1939 et vit dans les Hautes Pyrénées. Son père combattant républicain fut interné dans un camp de concentration. Il a ajouté que dans ce pays, les plaies ne sont pas encore refermées. Que l’histoire n’a pas fait  justice à une partie de la société. Apportant ainsi son appui personnel aux associations présentes.

Cette réception officielle de l’association Memoria y Exilio par le maire a scellé de nouvelles relations. Les 2 villes et les 2 associations sont désormais intimement liées.