Une foule innombrable s’était donnée rendez vous à Tarascon sur Ariège pour rendre un dernier hommage au major Christian Rusig, 55 ans, qui commandait la brigade locale. Un homme passionné par son métier tué lâchement par un multi-récidiviste qui roulait sans permis de conduire et faisait l’objet d’une interdiction de séjour dans l’Ariège. Des gendarmes de tous les départements de l’ex Midi Pyrénées avaient fait le déplacement pour faire bloc autour de la famille du défunt. Des délégations de policiers, pompiers, douaniers, militaires, retraités de plusieurs associations, élus, parlementaires avaient également souhaité être présents pour affirmer leur solidarité dans ce drame inacceptable et inaccepté.

On pouvait voir beaucoup d’émotion sur les visages de ces militaires de la gendarmerie qui, ici où là, s’essuyaient quelques larmes avec beaucoup de pudeur. Mais il y avait aussi de la colère contenue qui transpirait mais qu’on n’ hurlait pas parce que ce n’était ni le lieu ni le moment de l’exprimer. Cette mort injuste ne passe pas parce qu’elle pose la question de la cohérence de l’ensemble de la chaine pénale. Etait-il normal que ce multi-récidiviste ait pu commettre un tel acte, sa place n’était-elle pas ailleurs ? Viendra le temps des demandes des comptes si rien n’est fait…

Pour l’heure, chacun a donné le meilleur de lui même pour que cette cérémonie funèbre soit la plus parfaite possible. Des son arrivée le ministre Bernard Cazeneuve était accueilli par le général Lizurey directeur de la gendarmerie. Ensembles, avec le reste de la délégation des autorités, ils allaient à la rencontre de la famille pour leur apporter tout leur soutien et leur affection. Trouver des mots, des attitudes pour dire que la famille gendarmerie mais au delà tous les français leur apportaient leur soutien fraternel.

La cérémonie militaire, d’une très grande tenue, commençait par le salut au drapeau. Le ministre passait les troupes en revue avant de prononcer son discours dans lequel il salua le sens du service des gendarmes et policiers, en précisant qu’il leur assurait un soutien indéfectible. Il demandait, conscient visiblement du ressenti des personnes présentes, à la Justice la plus grande sévérité pour l’auteur présumé des faits. Il retraça la brillante carrière du major Rusig nommé officier, au grade chef d’escadron, à la suite de cette mort en service commandé.

Le chef d’escadron fut ensuite élevé chevalier de la légion d’honneur par le ministre et reçu la médaille de la gendarmerie avec palme de bronze de la part du directeur de la gendarmerie.

Puis vint le temps du dernier adieu. Dans un silence de cathédrale, tous les hommes en tenue dans un garde à vous qui sortait des entrailles de chacun saluèrent une dernière fois celui qui alla jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ses concitoyens. Le cercueil, porté par une garde émue aux larmes, traversa d’un pas lent la place de Tarascon sur Ariège pendant que la musique de la gendarmerie mobile jouait une oraison funèbre. En fin de cortège, un capitaine, visiblement ému, portait le képi de major Christian Ruzig sur un coussin bleu gendarmerie. Une image symbolique qui vous transperce et vous donne la dimension humaine de ce drame. Une communion de pensée pour tous les personnes présentes et une ambiance lourde qui hurlait silencieusement à l’injustice.