Dimanche, des dizaines d’éleveurs pyrénéens se sont retrouvés à Saint-Béat, au niveau du Pont Vieux, et ont mis en place, toute la journée, un barrage filtrant pour protester contre la réintroduction récente de l’ours Goiat dans les Pyrénées catalanes espagnoles (lire ici).

Un ours qui, très rapidement, est passé du Val d’Aran, au Luchonnais avant de faire des incursions en Barousse où il a commis, ces dernières semaines, des dégâts dans les troupeaux des éleveurs baroussais.

Les éleveurs ont distribué aux automobilistes un tract dénonçant le « gaspillage financier » de la réintroduction de cet ours slovène de 10 ans : « les gouvernements catalans et aranais ont reçu de I’Europe 1.826.729 €, sur un budget total de 2.435.639€. Il n’y a sans doute pas de problèmes plus urgents à résoudre en Europe | 1.826.129 € pour un ours alors qu’agriculteurs et éleveurs en sont encore à attendre le versement complet des compensations PAC dues au titre de … 2015 ».

Une réintroduction qui pour les manifestants de dimanche est « illégale », car « elle a eu lieu en bafouant la loi européenne qui régit ces opérations : la directive Habitats, dont l’article 22 indique qu’elles ne sont pas obligatoires et ne peuvent se faire qu’après consultation des populations concernées… Alors que l’Europe elle-même précise que cette réintroduction concerne ‘les deux côtés des Pyrénées’. Ni elle, ni les gouvernements catalans et aranais qui ont touché le pactole, n’ont consulté les vallées françaises concernées… »

En conclusion, les éleveurs en colère rappellent que « depuis des siècles, la Barousse est connue pour ses viandes et ses fromages de qualité. Comme l’ensemble des Pyrénées, son avenir n’est pas dans I’ensauvagement. Sur toute la chaîne, un secteur d’activité vivant et dynamique s’attache à continuer cette production de qualité de plus en plus recherchée par les consommateurs. Il le fait dans des conditions très difficiles, humainement comme économiquement. Et pourtant, des jeunes s’installent, croient en un avenir. Sans eux, sans leur bétail, leur travail, ce serait aussi la mort du tourisme si important dans nos économies locales et pour les loisirs de nos concitoyens : là où plus de troupeaux les paysages se ferment, ronces et fougères gagnent, les sentiers disparaissent. Plus aucun attrait… ».

Cette manifestation dominicale à Saint-Béat était organisée par L’ADDIP qui fédère et coordonne les actions des associations citoyennes du massif pyrénéen pour une biodiversité à visage humain (ASPA 11 – ASPAP 09 – ADIP 31 – ASPP65 – FTEM 64) et par la FDESEA 65 et les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Pyrénées.